Les trois sœurs ramenées en Roumanie

La première tentative de rapatrier vers Bucarest les trois fillettes roumaines, accueillies en Belgique alors qu’elles ont été victimes d’abus sexuels de leur père, avait échoué en matinée. La police et le parquet estimaient en effet que leur vie privée n’avait pas été respectée, en raison de la présence de journalistes et de caméras dans l’avion. Elles ont finalement été reconduites en soirée vers Bucarest.

Selon Johan Van Hove, échevin de la commune d’Evergem et avocat, qui se trouvait à l’aéroport international de Zaventem, les trois sœurs roumaines âgées de 4, 7 et 10 ans ont quitté la Belgique vers 19h00, à bord d’un avion de la compagnie belge Brussels Airlines. Le parquet de Gand (Flandre orientale) se refuse à tout commentaire.

« Elles étaient encadrées par deux psychologues néerlandophones. Lors d’un contact antérieur avec l’ambassade de Roumanie, il était en effet apparu que les fillettes ne parlent plus leur langue maternelle », expliquait Van Hove.

Les trois sœurs étaient accueillies depuis deux ans dans deux familles en Flandre. Elles y étaient arrivées parce que leurs parents ne pouvaient plus subvenir à leurs besoins. Mais il était rapidement apparu que les fillettes avaient été victimes d’abus sexuels de leur père, qui les mettait également à la disposition d’autres hommes. L’homme avait alors été arrêté lors d’une visite en Belgique et purge 2 ans de prison.

Les familles d’accueil flamandes souhaiteraient garder les fillettes, notamment pour les protéger de leur père, mais leur mère a exprimé de façon écrite le souhait de s’occuper à nouveau de ses enfants. Selon l’Office des étrangers en Belgique, il n’y aurait pas de base légale pour permettre aux trois Roumaines de rester dans notre pays, où elles ne peuvent donc pas non plus être adoptées. Le ministre de la Justice, Stefaan De Clerck, a pour sa part estimé que le rapatriement des trois sœurs n’était pas illégal. « Il ne s’agit pas ici d’une procédure d’expulsion volontaire, mais d’un rapatriement à la demande des autorités roumaines et de la mère roumaine ».

Les fillettes devaient arriver lundi vers 22h00 à Bucarest, après un vol de trois heures. Johan Van Hove supposait que les fillettes seraient attendues sur place par la protection de la jeunesse roumaine.

Violation de la vie privée

Une première tentative de rapatriement des sœurs roumaines avait été avortée lundi matin, après qu’il se soit avéré que six journalistes et trois caméras se trouvaient à bord de l’avion que devaient prendre les enfants.

Le parquet de Gand avait alors estimé que le secret de la vie privée des enfants avait été violé. « Des mineurs d’âge ne peuvent être exposés à l’intérêt public. De plus, les enfants sont toujours sous le coup de notre législation sur la protection de la jeunesse », expliquait Annemie Serlippens (photo), porte-parole du parquet gantois. Elle soulignait également que la représentation de mineurs d’âge est punissable.

Serlippens précisait que le rapatriement s’était bien déroulé jusqu’à l’arrivée de l’avion. « Les enfants ont été amenées à l’aéroport sous accompagnement de la police de Zottegem, où elles avaient été hébergées dans un centre après avoir été retirées à leur famille ». C’est du personnel de l’ambassade ou du consulat de Roumanie qui a conduit les enfants à leur avion.