Laurent au Congo contre l’avis de Leterme

Le prince Laurent, le cadet des enfants d’Albert et Paola, s’est rendu à la mi-mars en République démocratique du Congo malgré un avis négatif du gouvernement et du Palais royal. L’information est révélée par les quotidiens De Morgen et La Libre Belgique.

Le Premier ministre Yves Leterme (CD&V) lui avait même envoyé une lettre pour qu'il renonce à ce déplacement "ultra sensible" à quelques mois des élections présidentielles en RDC.

Une réunion de crise rassemblant le Premier ministre, le ministre des Affaires étrangères et un représentant du Palais royal s'était même tenue la veille du départ du Prince, afin de le dissuader, et une lettre de mise en demeure a été adressée par Yves Leterme au Prince, mais sans succès.

"Le fait que ce voyage ait été effectué sans préparation au niveau diplomatique relève de la plus grande imprudence. Il est aussi en contradiction avec toutes les règles qui sont en principe d’application" a déclaré Yves Leterme.

Le Palais royal n'a lui pas souhaité commenter officiellement ce déplacement, mais selon La Libre la Maison royale serait "ulcérée par ce déplacement de Laurent qui donne une caution importante au régime de Kabila".

Interrogé par Bel RTL, le prince Laurent a expliqué que son voyage au Congo avait un but scientifique, portant sur le développement durable, et non politique. Il a précisé que ce voyage d'étude avait été payé par la Fondation qui porte son nom.

"Ce voyage relance le débat sur la dotation"

Le ministre des Affaires étrangères démissionnaire Steven Vanackere (CD&V) estime que le voyage controversé effectué par le prince Laurent a relancé le débat sur la dotation.
Si le prince veut être "libéré" de l'aspect officiel de sa vie, "alors nous devons examiner la chose", a indiqué le chef de la diplomatie belge, mercredi, sur les ondes de la radio publique flamande. Selon lui, le débat sur la dotation est remis sur la table 

La N-VA et la LDD veulent revoir les dotations

La N-VA et la LDD, ont réitéré mercredi leur exigence d'une réduction, voire d'une suppression, des dotations dont bénéficient les membres de la famille royale à la suite de la révélation d'une visite, contre l'avis du gouvernement et du roi Albert II, du prince Laurent en République démocratique du Congo (RDC).
Le contribuable doit continuer à payer "les frasques de Laurent", a indiqué le parti nationaliste N-VA dans un communiqué.
Pour la LDD, ce voyage est "la énième preuve que le plus jeune rejeton des Saxe-Cobourg fait du tort à l'Etat et le présente sous un mauvais éclairage".
Selon la N-VA, la dotation votée par le parlement pour le roi Albert s'est élevée l'an dernier à 10,637 millions d'euros.

Celle du prince Philippe, héritier de la couronne, était de 936.000 euros, alors que celle de sa soeur Astrid et de son frère Laurent se montait à 300.000 euros. La reine Fabiola disposait pour sa part de 1,4 million d'euros.

Selon le député Theo Francken (N-VA), son parti a réintroduit une proposition de loi prévoyant une révision fondamentale des dotations et les réduisant aux membres de la famille royale ayant une "tâche de représentation" - soit le roi, la veuve ou le veuf du souverain et l'héritier à partir de l'âge de 18 ans.

Armand De Decker défend Laurent

L'ancien président du Sénat et ex-ministre Armand De Decker (MR) a défendu mercredi le principe de la visite que le prince Laurent a effectuée à titre privé, en République démocratique du Congo (RDC), contre l'avis du gouvernement belge et du roi Albert II, en qualifiant ce déplacement de "mission scientifique".
"Je ne comprends pas toutes ces attaques", se fâche Armand De Decker. "C'est vraiment la curée, tout le monde attaque Laurent et c'est une honte!", a-t-il affirmé dans une interview publiée sur le site internet de 'La Libre Belgique'.
Selon Armand De Decker, "l'objectif de Laurent et de sa mission était purement scientifique; Laurent s'intéresse aux problèmes de déforestation au Congo".
"C'est un objectif noble. Tous les gens intelligents devraient défendre cette mission de Laurent en RDC", a ajouté le sénateur libéral.
"C'est une véritable chasse à l'homme contre Laurent", a encore dit Armand De Decker.