"Le monde arabe n’est pas le bloc de l’Est"

Lors de l’émission matinale "De Ochtend" sur Radio 1 (VRT), le commissaire européen au Commerce, Karel De Gucht, a mis l’Europe en garde contre une action trop expéditive dans le cadre d’une reconstruction nationale des pays arabes touchés par les récentes révolutions.

Selon Karel De Gucht, les Nations Unies ne sont pas intervenues trop tard dans la crise libyenne. Il était essentiel d’offrir une base légale aux opérations militaires à travers une résolution de l’ONU. Le commissaire européen estime par ailleurs qu’il est important que l’OTAN ne prenne pas vraiment parti dans une guerre civile mais s’en tienne à cette résolution, et donc à la protection des civiles contre le dictateur.

Si l’ancien ministre belge des Affaires étrangères perçoit des similitudes entre les révolutions démocratiques qui ont touché le bloc de l’Est en 1989 et celles qui se déroulent actuellement dans le monde arabe, il voit également de nombreuses différences. L’Europe de l’Est et de l’Ouest sont beaucoup plus proches l’une de l’autre, ce qui avait rendu l’intégration et la reconstruction beaucoup plus aisée.

Pour Karel De Gucht, l’Afrique du Nord diffère énormément de l’Europe. Il met ainsi en garde contre une intervention dans ce qu’on appelle le "nation-building", ou encore la reconstruction et la restructuration nationale. Cet interventionnisme ne peut selon lui avoir lieu, même via l’ONU ou ses casques bleus.

Pour le commissaire européen, la construction de la société et le processus de démocratisation doivent provenir de l’intérieur du pays concerné. L’Europe et les pays occidentaux doivent toutefois soutenir cette tendance, surtout économiquement.