Déchets nucléaires allemands importés

Pour la première fois en 20 ans, la Belgique accueille à nouveau des déchets nucléaires venus de l’étranger. Le gouvernement fédéral a donné son feu vert à l’entreprise privée Belgoprocess, installée depuis 1984 à Mol-Dessel en province anversoise, pour le retraitement de 120 tonnes de déchets radioactifs allemands.

Il s’agit plus précisément de 120 tonnes de déchets faiblement radioactifs, provenant du secteur médical en Allemagne (photo hors contexte). Selon Bart Thieren de l’entreprise Belgoprocess, qui se chargera du retraitement des déchets, ces derniers ne présentent aucun danger. « Notre installation est capable de brûler ce matériel de façon sûre et dans des circonstances contrôlées ».

Les résidus radioactifs qui subsisteront après le retraitement seront en outre renvoyés en Allemagne.

Le parti écologiste flamand Groen ! estime qu’un gouvernement fédéral en affaires courantes ne peut introduire un changement de politique en matière de traitement de déchets radioactifs. Les Verts flamands se disent également très inquiets, dans une interview accordée au quotidien De Morgen : « Pour l’instant, il ne s’agit que d’un dossier. Mais accepter d’importer à nouveau du matériel nucléaire venu de l’étranger, c’est ouvrir la boîte de Pandore. Chaque transport nucléaire, si petit soit-il, représente un danger ».

Le retraitement de matériel radioactif en Belgique avait été interrompu à la suite d’un scandale survenu dans les années 1980. A l’époque du scandale de la société franco-luxembourgeoise Transnucléaire, des cas de fraude avec des importations et exportations illégales de déchets nucléaires provenant de centres de recherches allemands avaient été découverts au Centre d’étude pour l’énergie nucléaire à Mol.

En 2006, le ministre de l’Energie de l’époque, Marc Verwilghen (Open VLD), avait redonné le feu vert à l’importation de déchets nucléaires en Belgique. Ce n’est cependant que cinq ans plus tard que le premier dossier a effectivement été approuvé par le gouvernement fédéral. En mars dernier, les ministres compétents Paul Magnette (PS) et Vincent Van Quickenborne (Open VLD) y ont en effet donné leur fiat.