La Fédération Wallonie-Bruxelles crée la controverse

Avec le changement d’appellation de la Communauté française de Belgique, adopté lundi à Namur, les partis francophones entendent souligner que Bruxelles est une Région et un partenaire à part entière. La décision est critiquée par les partis flamands.

La Communauté française de Belgique adopte désormais l’appellation de Fédération Wallonie-Bruxelles. C’est ce qu’ont annoncé lundi à Namur le ministre-président de la Région wallonne et de la Communauté française Rudy Demotte et les représentants des quatre partis francophones qui siègent dans les parlements ou gouvernements concernés.

« Par ce biais, les quatre partis francophones affirment haut et fort que pour eux la Région de Bruxelles-Capitale n’est et ne sera jamais aliénable à une autre entité », a commenté Rudy Demotte (PS, photo), indiquant que la décision, qui était en gestation depuis quelques temps, a été prise au moment où le ministre-président flamand Kris Peeters (CD&V) veut maintenir Bruxelles dans un statut de sous-Région.

Demotte a souligné la portée symbolique du changement. Les quatre partis francophones, réunis dorénavant en « Commission Wallonie-Bruxelles » qui réfléchira à l’avenir institutionnel francophone, veulent ancrer le principe de deux Régions à part entière, visant à reconnaître sur un pied d’égalité la double dimension wallonne et bruxelloise. Charles Picqué, le ministre-président bruxellois, s’est pour sa part réjoui d’un tel signe de respect pour les institutions bruxelloises.

"Les francophones pensent que çà ne s’arrangera pas"

Les partis flamands critiquent par contre vivement ce changement d’appellation. Lundi soir, le ministre-président flamand Kris Peeters (CD&V) a affirmé ne pas être impressionné par ce changement, dont la décision peut être effectivement prise par le parlement de la Communauté française de Belgique.

La ministre bruxelloise Brigitte Grouwels (CD&V) est plus sévère : elle estime que l’appellation Fédération Wallonie-Bruxelles est un acte qui s’apparente à du « séparatisme au troisième degré ». Dans un communiqué diffusé ce mardi matin, Brigitte Grouwels souligne notamment que la transformation n’a aucune valeur du point de vue constitutionnel. Et elle s’indigne que « les Flamands de Bruxelles n’existent plus pour les ministres bruxellois francophones qui étaient lundi à Namur ».

Pour le député flamand Eric Van Rompuy (CD&V, photo), interviewé ce mardi matin dans l’émission « De Ochtend » de la VRT radio, le changement d’appellation prouve que les francophones estiment que les négociations pour une réforme d’Etat n’aboutiront pas, que les Flamands se dirigent vers une indépendance, et ils prévoiraient donc déjà un Plan B.

Eric Van Rompuy estime que les francophones ont mal compris les propos de Kris Peeters à propos de Bruxelles. « Bruxelles a toujours eu un statut particulier. Dire que nous considérons les Bruxellois comme des sous-hommes est donc grotesque. Bruxelles est une Région qui a des compétences à part entière sur toute une série de terrains », précisait Van Rompuy.

Le parti nationaliste flamand N-VA considère pour sa part que le changement d’appellation de la Communauté française est « une très lourde provocation ». Le ministre-président wallon Rudy Demotte réagit en affirmant que l’attitude de la N-VA « ne fait qu’attester du fait que ce parti est prêt à faire feu de tout bois pour peu que cela continue à enliser les négociations menées en vue de la constitution d’un gouvernement fédéral ».