L’Université de Gand plaide pour Ai Weiwei

Le professeur Paul Van Cauwenberge, recteur de l’université gantoise, demande aux autorités chinoises des informations sur la situation actuelle d’Ai Weiwei et la libération rapide de l’artiste chinois interpellé samedi à l’aéroport de Pékin.

« L’université de Gand est très inquiète sur le sort de Monsieur Ai Weiwei », indiquait ce mardi le recteur Paul Van Cauwenberge. « Nous demandons aux autorités chinoises de nous donner des informations sur la situation actuelle de l’artiste et nous espérons qu’il sera libéré rapidement, afin qu’il puisse reprendre ses activités normales ».

Ai Weiwei est Docteur Honoris Causa de l’université de Gand (Flandre orientale) depuis 2010. Il fut aussi l’un des invités principaux du grand festival Europalia Chine de 2009-2010 en Belgique. L’artiste chinois de 53 ans critique de longue date le gouvernement de son pays et a défendu de nombreuses causes humaines, mais a aussi réalisé une vaste enquête sur les effondrements de bâtiments scolaires lors du séisme dans la province du Sichuan en 2008, apparemment liés à la corruption.

Samedi dernier, Ai Weiwei était interpellé à l’aéroport de Pékin alors qu’il s’apprêtait à embarquer à destination de Hong Kong. Ses collaborateurs artistiques ont indiqué sur le site internet Twitter que la police a perquisitionné l’atelier d’Ai à l’extérieur de Pékin. En janvier dernier, son atelier en banlieue de Shanghai avait été démoli.

L’arrestation est intervenue quelques jours après qu’Ai Weiwei ait annoncé son intention de s’installer à l’étranger, pour ne plus être la cible de harcèlement des autorités chinoises. Il avait notamment évoqué l’Allemagne. Mi-février, Ai avait dû annoncer l’annulation de sa première grande exposition en Chine, prévue pour mars, les organisateurs lui ayant affirmé que le moment choisi n’était pas opportun et qu’ils souhaitaient reprogrammer l’événement culturel.

Une pétition réclamant la libération d’Ai Weiwei circule actuellement via le site Twitter. Selon l’organisation Access, qui est à la base de cette initiative, le gouvernement chinois craindrait que la révolution qui fait rage dans certains pays arabes ne se propage à la Chine. De nombreux critiques du régime tels qu’Ai Weiwei auraient récemment été arrêtés.

Le Parlement européen également inquiet

Après que la France et l’Allemagne aient réclamé la libération immédiate de l’artiste chinois, le Parlement européen a exprimé ce mardi son inquiétude face au sort d’Ai Weiwei et ajouté à son agenda un débat sur l’artiste dissident. Des voix se sont élevées pour suspendre le dialogue entre l’Europe et la Chine sur le respect des Droits de l’homme.

Ai Weiwei est avant tout connu en Belgique comme l’un des concepteurs du stade en nid d’oiseau à Pékin. Un projet dont il s’est par la suite distancié.

Il y a deux ans, il présentait avec l’artiste belge Luc Tuymans (photo) l’exposition « The State of Things », consacrée à l’art contemporain en Belgique et en Chine, dans le cadre du festival Europalia Chine. Cette exposition a également été présentée par la suite en Chine.