Nouvelles mesures concernant les demandeurs d’asile

Les principaux ministres du gouvernement ont pris des décisions sur trois volets, la prévention, le traitement des dossiers de demande d'asile et l'éloignement, ainsi que la capacité d'accueil.

"Nous avons une approche coordonnée de la problématique", a souligné lors d'un point presse le premier ministre Yves Leterme. "Il nous faut tenir compte de la volatilité de l'environnement international", a-t-il précisé, faisant référence aux "conflits" voire aux "guerres" en augmentation depuis le début de l'année. "La pression va s'accentuer encore dans les prochaines semaines et mois", a prédit le chef du gouvernement évoquant la nécessité d'accueillir les "gens dans le désarroi".

Le nombre de demandeurs d'asile a effectivement augmenté durant le mois de mars, a confirmé le secrétaire d'Etat à l'Asile et aux Migrations, Melchior Wathelet (photo).

Le gouvernement ambitionne dès lors d'adapter sa politique d'asile de sorte que les flux de migrations puissent être gérés de manière optimale.

Soulignant qu'elles s'inscrivaient dans le cadre budgétaire actuel auquel s'ajoute un financement complémentaire européen de 3 millions d'euros, le secrétaire d'Etat a fait le point vendredi sur les décisions en matière de "procédure".
 

Budget de 600.000 euros

Au passage, il a rappelé qu'en matière de prévention, la Belgique a mis un budget de 600.000 euros dans le cadre de sa politique de coopération au développement. L'engagement a été pris de les utiliser "là où c'est le plus utile", sachant que les pays de provenance ne figurent pas toujours dans la liste des dix-huit pays prioritaires. "On pense aux Balkans, à la Guinée", a dit Melchior Wathelet.

Ce dernier s'est focalisé sur les moyens d'accélérer le traitement des dossiers d'asile.

Le Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides et le Conseil du contentieux, instance de recours, bénéficieront de personnel supplémentaire, ce qui permettra de traiter 1.850 dossiers par mois, soit plus que le nombre mensuel de nouveaux dossiers.

"L'engagement est d'arriver à un délai de traitement de six mois", a dit le secrétaire d'Etat. Melchior Wathelet a également mis des moyens sur le traitement des régularisations médicales dites "9ter".

Actuellement, certaines personnes qui viennent d'être déboutées du droit à l'asile introduisent une telle demande qui leur permet de prolonger leur séjour sur le territoire, a expliqué le secrétaire d'Etat CDH. Ces dossiers seront traités plus rapidement de sorte qu'il y aura moins de personnes sur le territoire, a-t-il assuré.
En bout de procédure, le gouvernement entend par ailleurs veiller à organiser une "meilleure collaboration" en matière d'éloignement. Celle-ci portera sur la mise à disposition d'escortes par le SPF Intérieur, et par l'engagement pris avec la Justice d'expulser plus rapidement les personnes en séjour illégal sur le territoire et se trouvant en prison. Enfin, douze personnes supplémentaires seront mises à disposition pour sensibiliser les communes en matière de notification des expulsions.

Augmentation de la capacité d'accueil

L'un des constats que fait le gouvernement parmi les éléments qui minent la capacité d'accueil est l'explosion du nombre de personnes qui se déclarent mineurs non accompagnés (MENA). Des centres existent pour les accueillir mais vu l'afflux, un nombre important avait été logé dans des hôtels. Or, "on veut fermer les hôtels", a rappelé vendredi Philippe Courard (PS), secrétaire d'Etat chargé de l'accueil des demandeurs d'asile.

Cent cinquante nouvelles places supplémentaires ont été crées dans les centres MENA durant ces trois derniers mois, deux cents autres le seront en plus.

Concernant les autres demandeurs d'asile, il est également question de places supplémentaires dans des infrastructures existantes.

Cinquante-deux personnes supplémentaires pourront s'installer à Poelkapelle, en Flandre occidentale. Par ailleurs, Philippe Courard a évoqué vendredi un potentiel de 400 à 450 places à Bierset où le départ de militaires pourra être mis à profit. Ce dossier est à l'étude.
A Bruxelles, l'accord passé avec le Samu social sera prolongé jusqu'à l'hiver, ce qui permet de pérenniser jusque novembre les 400 places disponibles.
Enfin, de nouvelles pistes sont également à l'étude, sachant notamment que le projet Maisières en face du Shape a été abandonné "vu les contraintes trop importantes exigées par l'Otan", a commenté Philippe Courard.
Le secrétaire d'Etat PS s'est également investi au niveau des initiatives locales d'accueil (ILA) que sont invités à créer les CPAS du royaume. En dépit des quelques efforts fournis, les objectifs n'ont pas été atteints et les communes vont donc être incitées à agir. L'objectif est de garantir un terme plus long pour l'offre locative. Il est dorénavant question de baux 3-6-9, a dit Philippe Courard.(avec Belga)