Philippe : "Mon frère restera toujours mon frère"

"Mon frère est mon frère et restera toujours mon frère. Et je ne vais pas m'étendre sur la question" a déclaré le prince Philippe au sujet de la polémique qui entoure le prince Laurent. Le prince héritier se trouve actuellement en mission économique en Russie.

Le prince Laurent a été mis en cause pour avoir mené en République démocratique du Congo une mission environnementale sans l'aval du gouvernement ni du Palais, ainsi que pour des contacts avec des responsables libyens.

Le prince Philippe, qui termine vendredi une mission économique en Russie, s'était jusqu'ici abstenu de commenter ces événements.

Interrogé par les journalistes ce vendredi matin à Saint-Pétersbourg, le prince Philippe s’est contenté de répondre : "Je vais simplement vous dire que mon frère est mon frère et restera toujours mon frère. Et que je ne vais pas m'étendre sur la question".

A la question de savoir si cette affaire n’allait pas faire du tort à la monarchie, le prince Philippe a refusé de s’exprimer et s’est contenté de répondre: "Nous sommes occupé de défendre l’image de notre pays en Russie et c’est une réussite. Je pense déjà à la prochaine mission économique d’ici quelques années en Russie afin de récolter les fruits de ce voyage".

Leterme confirme sa rencontre avec Laurent

Les péripéties diplomatiques du prince Laurent ont "suscité une certaine agitation médiatique", a constaté vendredi le Premier ministre Yves Leterme. Or, sans vouloir "minimaliser", je pense que "la population a d'autres soucis" et d'ailleurs "le gouvernement s'attelle à d'autres dossiers", a précisé le chef du gouvernement interrogé en marge d'un point de presse.

Le Premier ministre a confirmé qu'il aurait un contact vendredi après-midi avec le prince Laurent.

Ce dernier est invité à souscrire à un cadre régissant pour l'avenir ses voyages à l'étranger, faute de quoi il pourrait perdre sa dotation. "J'aurai tantôt un entretien avec le prince Laurent", s'est contenté de dire M. Leterme, répétant qu'il informerait les présidents de la Chambre et du Sénat de la teneur de cet entretien. Les commissions compétentes de la Chambre et du Sénat se réuniront d'ailleurs à ce propos la semaine prochaine, a-t-il rappelé.

L'entretien avec le prince, vendredi après-midi, devrait durer "quelques heures", a dit Yves Leterme.

Le Premier ministre a indiqué qu'il aurait également "des contacts" ce week-end. Il n'a pas précisé s'il s'agirait d'autres contacts que ceux qu'il doit avoir avec les présidents d'assemblée.

Davignon: "le prince vit très mal cette polémique"

Le vicomte Davignon, qui est un proche du prince Laurent, a rapporté jeudi soir sur les antennes de la VRT, que le fils cadet du roi se sentait "très mal" par rapport à la polémique intervenue autour de sa personne.

"D'un côté, il veut se rendre utile, de l'autre, les règles ne sont guères claires quant à ce qu'il peut ou ne peut pas faire. Ces règles n'existent pas", a affirmé Etienne Davignon.
Selon celui-ci, qui est par ailleurs administrateur de la fondation GRECT du prince aujourd'hui mise en cause, elle peut constituer pour lui un cadre à l'intérieur duquel il peut jouer son rôle.

A propos du récent contact du prince avec une personne liée à l'ambassade de Libye, le vicomte a confirmé qu'il s'agissait bien d'un projet de reboisement et d'environnement qu'il voulait mettre en oeuvre dans ce pays. Selon lui, des contacts ont eu lieu à l'époque avec les autorités libyennes mais le projet a été arrêté du côté libyen, pour des raisons financières. "L'asbl a fait des paiements, elle devait être remboursée mais cela ne s'est pas produit", a-t-il dit.

A la suite des événements récents dans ce pays, l'ambassade a essayé de nouer des contacts avec le prince Laurent. Selon M. Davignon, il aurait mieux fait de s'abstenir et d'en référer aux responsables politiques. "Mais il y a eu un manque de prudence", a-t-il convenu.

Le vicomte estime qu'il faut avoir de la compréhension pour la situation du prince. Il essaye d'avoir un objectif. Il est convaincu de l'intérêt de la gestion de l'environnement, de la notion de durable et de la nécessité d'aider les autres et il essaye de faire cela dans le cadre d'une fondation aux règles et statuts clairs, a-t-il encore souligné. (avec Belga)