Vangheluwe a quitté le pays pour subir un traitement

La Congrégation pour la Doctrine de la Foi a examiné le cas de Mgr Roger Vangheluwe et a décidé que l'ancien évêque de Bruges devait quitter la Belgique et entreprendre une période de traitement spirituel et psychologique, indique samedi un communiqué de presse de la nonciature apostolique.

La Congrégation pour la Doctrine de la foi, aussi appelée Sainte Office a pour but de promouvoir et de protéger la doctrine et les mœurs conformes à la foi dans tout le monde catholique.

Bien que les faits d'abus sexuels sur son neveu soient prescrits selon les normes du droit canonique et pénal, la Congrégation a toutefois décidé que le prélat devait quitter la Belgique pour une période de "traitement spirituel et psychologique".
Son pays d'exil n'a pas été précisé.

Mgr Vangheluwe a déjà quitté la Belgique pour se soumettre à ladite décision, indique encore l'ambassade vaticane.

L'ancien évêque de Bruges vivait jusqu'à son départ à l'ambassade du Saint-Siège, à Woluwe-Saint-Pierre, en région bruxelloise.

L'affaire Vanheluwe

Evêque de Bruges depuis 1984, Roger Vangheluwe avait démissionné de ses fonctions le 22 avril 2010 suite aux révélations sur les abus répétés qu'il avait commis sur un de ses neveux durant plusieurs années.

Il avait alors trouvé refuge au sein de l'abbaye de Westvleteren durant plusieurs mois.

Saisie de l'affaire, la justice avait rapidement déclaré les faits prescrits. Celle-ci avait toutefois mis le cardinal Godfried Danneels en difficulté, l'ancien primat de Belgique ayant eu connaissance des faits bien avant leur révélation publique.

L'affaire Vangheluwe allait également pousser la justice à s'intéresser de plus près aux dossiers d'abus sexuels au sein de l'Eglise, avec pour point d'orgue l'opération Calice menée en juin 2010 par le juge d'instruction bruxellois Wim De Troy.
Celui-ci allait notamment ordonner la perquisition de l'archevêché de Malines-Bruxelles, la cathédrale de Malines, le domicile et le bureau de Mgr Danneels, ainsi que la commission Adriaenssens, qui avait reçu plusieurs plaintes de victimes. Autant de devoirs d'enquête dont la régularité fut par après contestée en justice.
Face au tumulte politique, le Parlement allait également décider de mettre sur pied une commission parlementaire spéciale sur les abus sexuels, dont les conclusions ont été remises en mars dernier.

"Cette pseudo-sanction est une occasion manquée"

Après l’annonce de cette "sanction" prise par le Vatican, la déception est grande. Pour le professeur de droit canon Dirk Torfs cette décision est une occasion manquée qui va provoquer une grande désillusion ?

"Le Vatican a fait patienter les victimes depuis très longtemps, celles-ci attendaient beaucoup d’une sanction contre Vangheluwe et à présent il doit quitter la Belgique (ce qu’il a déjà fait) et suivre un traitement psychologique et spirituel. C’est une pseudo-sanction. Le Vatican aurait dû le réduire à l’état de laïc" a déclaré Rik Torfs.

Du côté des victimes des abus sexuels commis au sein de l’église on est très déçu également. "Cette sanction ne fait pas justice et ne constitue certainement pas une reconnaissance pour les souffrances des victimes. C’est très dommage " a déclaré Lieve Halsberghe.