Pas de séjour pour les militaires à Chypre

Le ministre de la Défense, Pieter De Crem (CD&V), a refusé pour la deuxième fois de donner son feu vert à un voyage de décompression psychologique de 3 jours pour des soldats belges qui rentrent d’Afghanistan. Il s’oppose ainsi à nouveau au projet du général Charles-Henri Delcour, indique le quotidien De Standaard.

Selon le quotidien flamand De Standaard, l’armée belge aurait demandé un devis pour la location de 40 chambres dans un hôtel de luxe sur l’île de Chypre, destinées à une centaine de militaires qui rentreront en juin prochain de leur mission en Afghanistan.

Les militaires auraient ainsi suivi un programme de décompression psychologique de trois jours « pour se préparer au retour à la vie normale » et « pour éliminer le stress de six mois dans un contexte de danger, de peur et d’agression ». Les soldats concernés et leurs familles auraient déjà été mis au courant de ce voyage de 3 jours. Il n’y manquait plus que l’approbation du ministre de la Défense, Pieter De Crem. Mais ce dernier a refusé.

En octobre 2010 déjà, le ministre De Crem (photo) avait refusé de donner son feu vert à un voyage de décompression au même endroit sur l’île de Chypre. Ce qui avait créé une vaste controverse. Le ministre estime en effet « que nos soldats n’en ont pas besoin », parce que leurs missions sont très bien encadrées. Mais Pieter De Crem aurait surtout été fâché de ne pas avoir été prévenu à l’avance de ce projet de voyage.

La direction de l’armée et le ministre De Crem ont des avis très différents sur l’utilité du programme de décompression pour les soldats rentrant de mission. Pieter De Crem estime que les militaires n’ont pas besoin d’une retraite de quelques jours après leurs missions à l’étranger, tandis que la direction de l’armée, et notamment le général Charles-Henri Delcour, estiment qu’un voyage de décompression psychologique est absolument nécessaire. Les psychologues de crise sont également partisans de programmes de décompression.

Le ministre De Crem avait demandé à la direction de l’armée de réaliser un dossier rassemblant des arguments qui expliqueraient la nécessité d’un tel voyage. Le dossier a été remis au ministre de la Défense, mais ce dernier a estimé qu’il ne contient pas de nouveaux éléments qui puissent le convaincre de l’utilité d’un voyage de retraite à Chypre, ou à l’étranger en général.