VOKA: "Le fossé avec les francophones est profond"

L’organisation patronale flamande VOKA et les présidents de partis francophones se sont réunis lundi soir à la demande du PS, du MR, du cdH et d’Ecolo. Interrogé sur les ondes de Radio 1 (VRT) ce matin, le vice-président de la VOKA, Wouter De Geest (photo), a estimé que cette rencontre n’avait pas mené à un succès.

En organisant cette rencontre, les partis francophones avaient pour objectif d’échanger des idées avec le patronat flamand. Ils voulaient exposer leurs opinions sur les dossiers communautaires et socio-économiques, car selon eux, ces derniers sont souvent présentés de façon stéréotypée en Flandre.

"Ils s’inquiètent de la caricature que nous nous faisons parfois des Wallons", a constaté sur place le vice-président du VOKA et patron du géant de l’industrie chimique BASF, Wouter De Geest. Ce dernier estime que la rencontre a été une expérience positive, et qu’elle s’est déroulée "dans une atmosphère cordiale de communication ouverte et de volonté d’écoute".

Wouter De Geest est toutefois moins satisfait du résultat de la rencontre. "Nous avons reçu des explications sur l’état des négociations, mais ce qui nous a manqué est une approche cohérente sur le transfert de compétences vers la Flandre", a-t-il souligné.

L’organisation patronale flamande a justement tenté de convaincre les partis francophones sur la nécessité de transférer des compétences. Elle plaide par ailleurs pour une autonomie fiscale. "Nous réitérons ce message depuis plusieurs années. Nous constatons qu’il existe une volonté d’écoute, mais le courage de mettre cela en œuvre n’y est pas à mes yeux", ajoute encore Wouter De Geest.

"Le fossé est encore particulièrement profond", conclut le vice-président du VOKA. "Le point de départ est différent. Nous partons de la logique suivante: laissons les Régions gérer un maximum de choses et laissons au fédéral ce qui est absolument nécessaire. Ils partent de l’idée suivante : nous devons obtenir des garanties que l’Etat fédéral demeure quasi inchangé, ce qui est naturellement très difficile".