"Ça dépasse les limites de l’admissible"

Les personnalités politiques sont nombreuses à exprimer aujourd’hui leur stupéfaction face à l’interview de Roger Vangheluwe. Ils appellent notamment l’Eglise à envoyer un signal clair et à prendre ses responsabilités.

Le Premier ministre sortant, Yves Leterme, est horrifié par les propos de Roger Vangheluwe et estime que l’Eglise doit prendre ses responsabilités.

"Cela dépasse les limites de l’admissible. Ce n’est plus possible", a-t-il réagi. "Indépendamment des conclusions de la commission parlementaire spéciale sur les abus sexuels, je pense que l’Eglise doit prendre ses responsabilités. Ça ne peut plus durer", a indiqué Yves Leterme à l’entrée du conseil des ministres.

"Ça atteint l’inimaginable. J’espère qu’une réaction proviendra de Rome, car ceci est nuisible, non seulement pour les victimes, mais aussi pour l’institution en tant que telle", a commenté de son côté le ministre de l’Entreprises, Vincent Van Quickenborne (Open VLD).

Le ministre de la Défense, Pieter De Crem (CD&V) déclare pour sa part avoir regardé l’interview avec stupéfaction et douleur. "Il y aura beaucoup de travail, aussi auprès de la base, pour rétablir la confiance", a-t-il déclaré dans De Ochtend, l'émission de Radio 1 (VRT). Le ministre a ainsi réclamé un signal fort du Vatican.

C’est également le cas du ministre de la Justice, Stefaan De Clerck (photo). "A un moment où la société tente de se redresser après les ravages qu'il a provoqués, son apparition dans les médias est particulièrement déplacée", juge le ministre qui parle de "gifle à ses victimes et à l'ensemble des victimes" mineures d'actes sexuels.

Selon Stefaan De Clerck, en réagissant de la sorte, l'ancien évêque "méconnaît totalement les travaux et les conclusions de la Commission parlementaire d'enquête auxquelles doivent répondre les autorités ecclésiastiques".

Le ministre appelle les autorités de l'Eglise à "adopter les mesures qui s'imposent pour mettre fin au comportement irresponsable l'ex-évêque, d'autant plus qu'il apparaît aujourd'hui que les sanctions provisoires prises à son égard par le Vatican n'ont pas pu susciter chez lui une prise de conscience de la portée dramatique des actes dont il s'est rendu coupable".

"Le Saint-Siège suit la situation"

Le père Lombardi, directeur de la Salle de Presse du Saint-Siège, a brièvement réagi dans un communiqué aux questions des journalistes à propos de l'interview de Roger Vangheluwe. 

"La déclaration des évêques belges exprime de manière efficace les sentiments de stupeur et de préoccupation suscités par l’interview accordée par l’ancien évêque de Bruges, Mgr R. Vangheluwe. De son côté le Saint-Siège suit attentivement la situation, en étant conscient de sa gravité et rassemble les éléments nécessaires en vue d’une évaluation approfondie", a-t-il indiqué.