“Les divergences de vue restent grandes”

A l’issue de la réunion qu’il a eue vendredi avec les présidents des partis francophones négociateurs (PS, MR, CDH et Ecolo) et le négociateur royal Wouter Beke (CD&V), le président de la N-VA Bart De Wever (photo principale) s’est montré pessimiste. Il estime que les divergences d’opinion restent très importantes, que le temps est écoulé et que des conclusions vont devoir être tirées. Les partis francophones se sont montrés plus optimistes.

Le négociateur royal Wouter Beke (CD&V, photo) réunissait ce vendredi Elio Di Rupo, Charles Michel, Joëlle Milquet et Jean-Michel Javaux - les présidents du PS, du MR, du CDH et d’Ecolo -, ainsi que le président de la N-VA, Bart De Wever. Les présidents des partis flamands SP.A, Open VLD et Groen ! n’avaient eux pas été invités à la réunion. Cette dernière avait lieu à la demande des présidents francophones.

Au terme de la réunion, Bart De Wever a brièvement donné ses impressions au journaliste de la VRT Marc Van de Looverbosch. Bien qu’il n’ait fait aucun commentaire sur le contenu des discussions, il semble clair que peu de progrès a été réalisé dans les négociations en vue d’une réforme de l’Etat. Les présidents francophones auraient cependant laissé entendre que la rencontre s’est passée dans une atmosphère constructive. Selon eux, tous les éléments pour une grande réforme d’Etat se trouvent maintenant sur la table.

Au micro de la VRT, Bart De Wever s’est montré moins optimiste. « Nous n’avons pas d’accord, et les différences d’opinions restent vraiment grandes, alors que le temps est écoulé. Pour moi, il est très clair qu’il va falloir bientôt arriver à tirer des conclusions ».

De Wever veut une clarification de la situation d’ici la fin du mois d’avril. « Si nous ne sommes toujours nulle part à ce moment-là, ou alors que nous sommes quelque part où nous ne voulons pas être, il faut alors arriver à se demander si cela a encore du sens de continuer à négocier ».

Bart De Wever n’a pas caché son mécontentement face aux critiques dont il fait l’objet de la part des autres partis flamands. L’ancien chef de file du SP.A, Louis Tobback, mais aussi les libéraux de l’Open VLD ne l’ont pas épargné ces derniers temps. « Si l’on continue à agir de la sorte afin de nous nuire, on anéantit la position de négociation des Flamands. Il est vraiment difficile de négocier avec les partis francophones si les autres partis flamands affirment qu’ils veulent former un gouvernement sans nous. Ce que les francophones ne voudraient d’ailleurs que trop volontiers voir arriver », s’indigne De Wever.

Le président de la N-VA souligne que le but des négociations est toujours de parvenir à un accord sur une réforme de l’Etat, mais cela a conduit à un blocage. « Je ne l’ai évidemment pas voulu. Qui souhaite en effet passer 9 mois de sa vie dans une salle de réunion ? ».

"La réforme d’Etat sous un angle philosophique"

Les partis francophones se sont dits satisfaits de la réunion avec Bart De Wever. Ils demandaient en effet depuis des semaines une réunion à neuf partis.

« Nous avons avant tout considéré la future réforme d’Etat sous un angle philosophique, en parlant de sa finalité », ont indiqué divers partis francophones. La réponse du CD&V aurait été claire, alors que celle de la N-VA serait plutôt restée vague.

Avant la réunion, le président du PS Elio Di Rupo (photo) avait affirmé qu’un transfert de compétences est nécessaire pour rétablir une stabilité. Mais l’Etat fédéral doit alors pouvoir conserver suffisamment de moyens que pour rester sain du point de vue financier. Les partis francophones avaient également indiqué jeudi qu’ils souhaitaient réellement un accord, mais que celui-ci devait mener à une paix communautaire durable.

Bart De Wever, Elio Di Rupo et Wouter Beke poursuivront leurs négociations la semaine prochaine. Après Pâques, ils souhaitent pouvoir constater si un accord est encore, ou non, possible.