Gand retire son argent chez Dexia et KBC

En retirant un montant évalué entre 30 et 35 millions d’euros des banques Dexia et KBC, le collège des bourgmestre et échevins de la ville de Gand entend protester contre les bonus « déraisonnables » accordés aux patrons des deux institutions financières. Les autorités de la ville pourraient décider de retirer encore davantage d’argent par la suite. Les deux banques déclarent déplorer la décision de Gand.

« Nous réagissons de cette manière aux bonus confortables octroyés aux patrons de Dexia et la KBC », expliquait vendredi l’échevin des Finances de Gand, Christophe Peeters (Open VLD). Le collège des bourgmestre et échevins venait de décider de retirer un montant allant de 30 à 35 millions d’euros des deux banques.

« Nous voulons dire aux banques que nous n’acceptons pas des bonus déraisonnables. Quand tout allait mal, l’argent des contribuables a aidé les banques. Maintenant que la situation s’améliore, les banques recommencent la même culture de bonus. Nous ne disons pas seulement que ce n’est pas éthique, nous agissons aussi. C’est toute la force du consommateur et nous agissons alors avec le langage de l’argent », ajoutait l’échevin Peeters.

La ville de Gand va ainsi retirer l’argent de ses investissements à court terme. La plus grande partie de cet argent se trouve chez Dexia et une plus petite partie à la KBC. Au total, il s’agit d’une somme évaluée entre 30 et 35 millions d’euros.

La ville menace aussi de placer dans d’autres banques, qui n’octroient pas de bonus « déraisonnables », l’argent destiné aux salaires - soit 250 millions d’euros - et ses nouveaux placements à long terme. L’échevin Christophe Peeters plaide en faveur d’une loi fédérale qui détermine les montants qui peuvent légalement être alloués comme prime.

"Rémunération conforme aux dispositions légales"

Le bancassureur KBC affirme déplorer la décision de la ville de Gand. « Nous ne pouvons que souligner les faits : pour la troisième année consécutive, nos patrons n’ont pas touché de rémunération variable. Sur avis du comité de rémunération, le conseil d’administration a décidé à l’unanimité, après un dialogue ouvert et une évaluation de l’exécution du plan de restructuration européen, d’attribuer une rémunération variable pour 2010 aux CEO et membres du comité de direction ».

KBC souligne que trois représentants du gouvernement siègent dans le conseil d’administration. La partie variable de la rémunération sera payée en tranches sur les 5 années suivantes, en accord avec les règlementations belge et européenne. La KBC a décidé de reporter la première tranche de 2010 à 2012, et de la lier au remboursement des aides du gouvernement. La banque souligne que la rémunération totale des patrons de KBC se situe en-dessous de la moyenne des autres groupes de poids comparable.

Le groupe franco-belge Dexia indique pour sa part que sa politique de rémunération est « intégralement conforme aux dispositions légales et règlementaires européennes, belges et françaises. Notre objectif a toujours été d’offrir aux pouvoirs publics des produits et services de qualité, répondant à leurs besoins spécifiques et à un tarif compétitif. Cela restera notre première préoccupation », indique le groupe spécialisé dans le financement des collectivités publiques.