“Le nucléaire rapporte entre 808 et 950 millions”

Les fournisseurs en énergie Electrabel et SPE retirent de l’exploitation des centrales nucléaires en Belgique un bénéfice situé entre 808 et 950 millions d’euros. C’est ce qu’indique la Banque Nationale dans le rapport sur la « rente de rareté nucléaire belge » qu’elle vient de remettre au Premier ministre Yves Leterme et au ministre de l’Energie Paul Magnette.

Le Premier ministre Yves Leterme et le ministre de l’Energie Paul Magnette du gouvernement fédéral démissionnaire ont reçu ce mardi matin, des mains du gouverneur de la Banque Nationale de Belgique (BNB) Luc Coene, l’étude sur la « rente de rareté nucléaire belge », ainsi qu’un commentaire de cette étude, indique un communiqué du Premier ministre.

Afin d’assurer la transparence en la matière, Yves Leterme a demandé que l’étude soit publiée dès ce mercredi sur le site internet de la Banque Nationale. Mais selon les informations qui circulent depuis quelques jours déjà, la BNB estimerait à un montant allant de 808 à 950 millions d’euros les bénéfices réalisés dans l’exploitation de l’énergie nucléaire en Belgique.

Ces chiffres avoisinent ceux avancés par le principal fournisseur d’énergie, Electrabel, à savoir un bénéfice d’environ 740 millions d’euros. La Commission de régulation de l’électricité et du gaz (CREG) estime par contre les gains réalisés à un minimum de 1,7 milliard d’euros.

Les chiffres de la Banque Nationale portent sur l’année 2007. On sait exactement combien d’énergie les centrales nucléaires ont produit cette année-là. Electrabel et la CREG ne sont par contre pas d’accord sur le prix moyen de vente de l’énergie, ni sur les coûts de production.

C’est la raison pour laquelle le gouvernement fédéral avait demandé à la Banque Nationale de trancher sur la question. Cette dernière reconnait cependant qu’elle ne peut que réaliser une estimation du prix de vente de l’énergie, parce qu’elle ne dispose par de toutes les données sur les destinataires de l’énergie produite dans les centrales nucléaires. Pour 2007, la BNB évalue ainsi les gains à un montant situé entre 808 et 950 millions d’euros.

La balle est maintenant dans le camp du gouvernement fédéral, qui devra décider du montant qui sera imposé annuellement aux producteurs d’énergie du nucléaire. Reste aussi à voir ce qui adviendra de la CREG. En effet, si le gouvernement ne tenait pas compte des calculs effectués par son propre régulateur, une rupture de confiance pourrait naître.

Le directeur de la CREG, Guido Camps (photo), avait déjà menacé il y a quelques semaines de démissionner si la Banque Nationale suivait Electrabel dans son calcul des gains tirés du nucléaire.