Le départ d’Erik De Bruyn critiqué au SP.A

Selon la députée flamande Maya Detiège (SP.A), qui siège aussi au conseil communal anversois, la décision d’Erik De Bruyn de quitter le parti socialiste flamand « n’est absolument pas une surprise ». L’Anversois incarnait depuis 2005 la ligne rouge du SP.A et veut maintenant créer son propre mouvement. « Pour quelqu’un comme Erik De Bruyn, ce n’était jamais suffisant », affirme Detiège (photo principale, à droite).

Le socialiste anversois Erik De Bruyn (photo) a annoncé ce week-end de Pâques qu’il renonçait à sa carte de membre du SP.A et qu’il souhaitait donner une nouvelle orientation à son mouvement de gauche « Rood ! », qu’il avait créé au sein du parti socialiste flamand. De Bruyn estime en effet que la direction du parti n’écoute pas assez sa base et qu’elle ne se profile pas suffisamment.

C’est en 2005 qu’Erik De Bruyn avait créé le mouvement SP.A-Rood, dans l’espoir d’attirer les électeurs et militants les plus à gauche. Son départ du SP.A n’a donc pas surpris la députée flamande Maya Detiège, également Anversoise. « Erik a depuis toujours penché davantage pour l’extrême gauche que pour la gauche », affirmait-elle ce mardi dans l’émission matinale de la VRT « De Ochtend ». « Depuis le début, il avait un agenda propre ».

De Bruyn avait été candidat à la présidence du SP.A en 2007, contre l’actuelle présidente Caroline Gennez. Il avait alors obtenu 33,3% des voix. Mais selon Detiège, ceci n’a pas vraiment d’importance. « D’après moi, il a un peu profité à l’époque de la défaite électorale du SP.A, parce qu’il y a eu alors beaucoup de critiques, émanant notamment aussi de moi-même. Mais depuis, certains points ont été réellement redressés et je trouve dommage qu’Erik ait continué à mener sa propre route ». Maya Detiège affirme avoir pu constater pendant des débats au sein du SP.A que pour De Bruyn « ce n’était jamais suffisant ».

De Bruyn miserait sur la création d’un grand parti de gauche en Flandre d’ici 2014. Selon Maya Detiège, « c’est un scénario futuriste » de considérer que le mouvement de l’Anversois pourrait jouer un rôle important lors des élections communales de 2012. Elle estime cependant qu’il n’est pas du tout raisonnable de faire « de l’antipolitique au sein du courant de gauche ».

Autres regrets

Le parti socialiste flamand est resté discret face à la décision d’Erik De Bruyn. Il s’est contenté d’affirmer ne pas être surpris du départ, tout en regrettant que par son attitude De Bruyn « continue à semer la division au sein des progressistes ».

Plusieurs autres personnalités du SP.A ont été interrogées sur le départ, par divers journaux. Ainsi le chef de groupe SP.A à la Chambre, Bruno Tobback, déclare dans les pages du Morgen qu’il « préfère toujours voir arriver des gens plutôt que de les voir partir ». Mais il n’a « pas l’impression que la Flandre attend un nouveau parti progressiste ».

Le député fédéral Hans Bonte est plus nuancé, estimant que « De Bruyn a raison lorsqu’il dit que le parti n’a pas de profil clair ».

Quant au président de la FGTB, Rudy De Leeuw (photo), il s’est dit « étonné » et « déçu » par le départ d’Erik De Bruyn. « Je n’ai pas été contacté à ce sujet, alors que De Bruyn s’appuie sur les points de vue de la FGTB pour lancer son mouvement ».

De Leeuw plaide en faveur d’une unité et d’un renforcement au sein de la gauche, qui « n’a pas besoin de nouvelles divisions ». Il souligne cependant que sa porte reste ouverte à chaque personne progressiste. « Si Erik De Bruyn veut parler, je ne vois pas pourquoi je n’accepterais pas ».