Un camping contre l'impasse politique

Au parc du Cinquantenaire à Bruxelles, quelques dizaines de personnes ont installé leur campement provisoirement, ce samedi, dans le cadre d’une initiative citoyenne intitulée Camping 16. Les participants ont ainsi protesté contre l’impasse politique interminable dans laquelle se trouve le pays.

Il y a quelques mois, l’action virtuelle Camping 16 était organisée. Sur ce site et sur des sites de réseaux sociaux les citoyens peuvent virtuellement planter leur tente pour lancer un signal clair aux politiques et leur dire que l’interminable tentative de formation du gouvernement a assez duré. Depuis lors, quelque 162.000 personnes campent virtuellement.

Cent jours ont passé et rien n’a bougé sur le plan politique. C’est pourquoi des dizaines de citoyens ont décidé de planter réellement leur tente ce samedi.

Une trentaine de tentes ont été plantées et une petite centaine de personnes ont assisté, dans une ambiance estivale et techno, à un débat auquel les organisateurs avaient convié les neuf partis politiques qui tentent de négocier depuis plusieurs mois.

Indifférence et résignation

Les initiateurs du projet ont tenu à avertir que les citoyens sont de plus en plus indifférents à la politique. «S’il y a cent jours tu avais été au café et si on y avait parlé politique, tu aurais entendu la colère et le discours apolitique classique : les politiciens sont tous des saligauds et des voleurs », a déclaré Geoffrey Hantson dans l’émission ‘De Ochtend ‘ sur Radio1. « Maintenant, c’est l’indifférence et la résignation qui prévalent. Je me demande si les politiciens en ont conscience », a-t-il ajouté.

Afin de sortir de l'impasse, Camping 16 plaide pour l'ouverture du débat sur l'avenir du pays à une troisième voie à côté de celles du maintien "de l'ancien et du connu" et de la "destruction aveugle". L'organisation propose une rénovation en profondeur basée sur la sauvegarde de ce qui est bon, et la rénovation de ce qui est mauvais.

Elle plaide pour la création d'une circonscription électorale fédérale, pour une Belgique composée de trois Régions, la création d'un district pour Bruxelles (Région à part entière à l'avenir de laquelle le fédéral participerait davantage), une répartition des compétences à double sens (décentralisation et refédéralisation), un financement équitable des différentes entités et la connaissance nécessaire du néerlandais et du français.

Un débat en plein air

En dehors des Verts et de l'Open VLD, représentés par Jean-Michel Javaux (Ecolo), Wouter Van Besien (Groen!), et Alexander De Croo (Open VLD), aucun parti n'avait envoyé de président ce samedi au parc du Cinquantenaire.

Les autres partis étaient représentés par Yvan Mayeur (PS), Vincent De Wolf (MR), Francis Delpérée(cdH), Stefaan De Clerck (CD&V), Bert Anciaux (sp.a) et Mathias Diependaele (N-VA).