Un pique-nique contre l’impasse politique

Quelque 700 personnes ont manifesté ce samedi à Bruxelles contre le blocage des négociations politiques et l’absence persistante d’un nouveau gouvernement et la durée extrême des négociations entre partis politiques. Après la manifestation, un pique-nique et un parlement citoyen ont aussi démontré la solidarité entre les Belges.

La manifestation a démarré vers midi, ce samedi, à la gare du Nord de Bruxelles et a terminé sa course dans le parc Elisabeth, près de la basilique de Koekelberg. Ce qui représente un parcours de 2 kilomètres environ. Les organisateurs de cette protestation contre la durée extrême des négociations entre partis politiques depuis les élections du 13 juin dernier avaient voulu donner un air festif à leur protestation. Des fanfares et groupes musicaux ont donc accompagné les manifestants.

A la suite de la marche de protestation, un grand pique-nique et des danses étaient organisés dans le parc de la commune de Koekelberg. Un « parlement citoyen » a débuté vers 15h00. Une quarantaine d’interventions d’une minute étaient ainsi prévues dans un hémicycle, émanant notamment d’artistes flamands connus, tels que Wouter Deprez, Daan, Arno, Dimitri Verhulst et Jaco Van Dormael.

"Pas en notre nom"

La journée d’action était organisée à l’initiative du collectif « Pas en notre nom », qui avait déjà orchestré le 23 janvier via Facebook (photo) une grande manifestation à Bruxelles et le 17 février une « révolution des frites » dans plusieurs villes universitaires du pays. La manifestation de janvier, intitulée « Shame » (ce qui signifie « honte » en français), avait rassemblé 34.000 personnes, qui appelaient notamment à la mise en place rapide d’un nouveau gouvernement fédéral.

Le collectif rassemble une centaine d’organisations, allant de royalistes à des associations d’étudiants, en passant par des organisations socioculturelles ou des groupes pacifistes.

« Notre but est de lancer un mouvement citoyen », explique Lieve Franssen du collectif « Pas en notre nom ». « Nous essayons donc de construire quelque chose avec tous les acteurs de notre plateforme. Nous organisons aussi des discussions et des débats, et nous tentons d’expliquer aux gens ce qui est réellement en jeu ».

« Avec l’action de ce samedi, nous réclamons le maintient d’une sécurité sociale fédérale. Nous souhaitons aussi que Bruxelles retrouve sa dignité et que cette ville soit également considérée comme un laboratoire pour l’avenir. Mais surtout, nous nous distançons du discours communautaire, dans lequel tout est toujours ramené au fait de parler une certaine langue. Nous voulons un vrai avenir pour notre pays, qui est diversifié et plurilingue ».