Michelle Martin libérable dès ce mardi

Le tribunal d’application des peines ne voit pas d’objection à ce que l’ex-épouse du pédophile Marc Dutroux bénéficie dès ce mardi d’une libération conditionnelle. Le ministère public a jusqu’à mardi 16h00 pour se pourvoir en Cassation. Michelle Martin (51 ans) a été condamnée en 2004 à 30 ans de réclusion pour son implication dans l’affaire Dutroux.

Michelle Martin est en prison depuis 1996. Le 13 août de cette année-là, elle avait été arrêtée pour sa complicité dans les délits commis par son époux Marc Dutroux, comme notamment l’enlèvement de fillettes et jeunes filles, leur viol et leur meurtre.

En juin 2004, Martin était condamnée à 30 ans de réclusion pour avoir séquestré des victimes du pédophile (Laetitia Delhez, Sabine Dardenne, An Marchal, Eefje Lambrecks, Melissa Russo et Julie Lejeune) et pour sa responsabilité dans la mort des plus jeunes d’entre elles, Julie Lejeune et Melissa Russo, qu’elle avait laissé mourir de faim dans la cachette où elles étaient enfermées, alors que son mari purgeait une peine de prison. Marc Dutroux a, lui, été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, sans possibilité de libération anticipée.

Entretemps, Michelle Martin a purgé la moitié de sa peine, à savoir 15 ans de prison. Depuis son incarcération, elle a fait quatre demandes de libération conditionnelle. La dernière en date remonte au 26 avril 2011.

Ce lundi matin, le tribunal d’application des peines de Mons a estimé qu’aucune objection ne s’opposait encore à la libération conditionnelle de Martin. Cette libération pourrait donc avoir lieu dès ce mardi après 16h00, à moins que l’avocat général près la Cour d’appel de Mons, Jean Leys, ne se pourvoit en Cassation contre cette libération. Si c’était le cas, Martin devrait alors rester encore au moins deux semaines en prison.

Les parents des victimes pas au courant

Si Michelle Martin bénéficiait dès ce mardi d’une libération conditionnelle, elle devra s’en tenir à des conditions très strictes. Il lui sera ainsi défendu de s’approcher de l’endroit où résident les familles des victimes de Dutroux, et de parler à la presse. Dans la mesure du possible, elle devra aussi tenter de payer des dommages et intérêts aux familles des jeunes victimes. Des conditions seront également vraisemblablement émises à propos de l’endroit où elle sera autorisée à résider.

Interrogée par la rédaction de la VRT, les parents de certaines victimes de Dutroux ont affirmé ce lundi ne pas être au courant de la possibilité de libération conditionnelle de Michelle Martin. Ils se sont dits indignés de la situation.

L’avocat Olivier Haenecour, conseil du père d’Eefje Lambrecks, s’est opposé à la libération conditionnelle. « La famille considère que Michelle Martin n’a jamais émis de regrets sincères ».