La France dit "non" à Michelle Martin

Après la décision du parquet général de Mons, mardi de ne pas se pourvoir en cassation contre le jugement du Tribunal d'application des peines accordant la libération conditionnelle à Michelle Martin, le sort de cette dernière reposait entre les mains des autorités françaises. Le ministre français de la Justice, Michel Mercier, a affirmé mercredi qu'il n'avait "pas l'intention de dire oui" à l'accueil dans un couvent français de Michelle Martin, l'ex-épouse et complice de Marc Dutroux.

Nous n'avons pas été saisis par la Belgique" d'une demande formelle concernant cet accueil, a-t-il dit, à la sortie du Conseil des ministres.

Si ça devait être le cas, "on appliquera la convention qui lie la Belgique et la France, on regardera les choses", a-t-il ajouté. Mais "je n'ai pas l'intention de dire oui, pour ma part".

La justice belge a levé mardi le dernier obstacle à la libération de l'ex-femme de Marc Dutroux, qui doit toutefois encore attendre le feu vert de Paris pour se rendre dans un couvent français qui a accepté de l'accueillir.

Cette ancienne institutrice de 51 ans avait été condamnée en 2004 par la cour d'assises d'Arlon à 30 ans de prison pour sa participation aux crimes commis dans le milieu des années 1990 par son ex-époux, condamné pour sa part à la perpétuité sans possibilité de libération anticipée.

Arrêtée en même temps que Marc Dutroux, en août 1996, Michelle Martin a passé près de 15 ans en prison, en comptant la détention préventive.

Michelle Martin a été reconnue coupable d'avoir séquestré plusieurs des jeunes victimes du pédophile et d'avoir laissé mourir de faim les deux plus jeunes d'entre elles, Julie Lejeune et Melissa Russo, âgées de 8 ans, emmurées vivantes dans un cachot aménagé par le couple dans sa maison de Marcinelle, près de Charleroi.

Stefaan De Clerck surpris de la rapidité de la réaction française

Le ministre de la Justice Stefaan De Clerck n'a pas caché sa surprise mercredi midi face à la rapidité de la réaction de son homologue français Michel Mercier.

"Je suis surpris de la rapidité de cette réaction", a indiqué le ministre belge, interrogé dans les couloirs du Sénat.
Stefaan De Clerck reconnaît que la convention sur l'assistance judiciaire entre la Belgique et la France n'est pas contraignante, au contraire d'une nouvelle réglementation européenne en gestation.
Il prendra contact au plus tôt avec son homologue français pour demander la coopération de la France dans ce dossier.
S'il n'a pas agi plus tôt, c'est parce qu'il attendait la décision du parquet général de Mons sur un éventuel pourvoi en cassation contre la décision du tribunal d'application des peines déclarant l'ex-épouse de Marc Dutroux libérable sous conditions, a commenté Stefaan De Clerck.