Les taximans lèvent leur barrage à Brussels Airport

Le barrage sur l'autoroute A201 a été levé vers 05h00 après avoir débuté mardi soir. Les chauffeurs de taxi protestaient contre le fait qu'un agent de la police fédérale ait blessé par balle un de leurs collègues. Ce dernier qui avait renversé un policier fédéral qui voulait le contrôler n'a été que légèrement blessé.

Les voies d'accès vers Brussels Airport sont libres et la situation sur place est quasiment normale, après le blocage dans la nuit de l'accès à l'aéroport par des chauffeurs de taxi. 

Les vols n'enregistrent pour leur part plus de retards. Selon Jan Van der Cruysse, porte-parole de Brussels Airport, "quelques vols ont subi des légers retards, de l'ordre de 15 minutes maximum".

Le parquet demande la mise sous mandat d'arrêt du chauffeur

Des voitures sont encore garées le long de la route, abandonnées par des personnes qui ont parcouru à pied le chemin les séparant de l'aéroport.

Le barrage sur la A201 a été levé vers 05h00 après avoir débuté mardi soir. Les chauffeurs de taxi protestaient contre le fait qu'un agent de la police fédérale ait blessé par balle un de leurs collègues.

Le parquet de Bruxelles a demandé la mise sous mandat d'arrêt du chauffeur de taxi de 28 ans qui a été blessé par balle mardi soir sur l'A201 par un agent de la police fédérale, a indiqué mercredi Jean-Marc Meilleur, porte-parole du parquet bruxellois. Le ministère public soupçonne le chauffeur de tentative de meurtre sur l'agent. Le taximan aurait roulé droit sur le policier et l'aurait ensuite traîné sur son capot sur deux kilomètres.
L'incident a débuté lorsque le policier a voulu contrôler le taximan.

Ce dernier venait d'embarquer un client à l'aéroport alors qu'il n'avait pas l'autorisation nécessaire.

D'après les images des caméras de surveillance et les déclarations du client, il semble, selon le parquet, que le chauffeur, à la vue de l'agent, a d'abord reculé avant de foncer sur l'agent.

"Ce dernier s'est retrouvé sur le capot et s'est cramponné", explique le porte-parole du parquet.

"Après une centaine de mètres, il a tiré à deux reprises verticalement à travers le pare-brises dans le tableau de bord de la voiture qui a poursuivi sa route.

Après deux kilomètres, le chauffeur s'est arrêté, après les rappels répétés du client."

Une bagarre s'est alors engagée, sur le viaduc de l'A201, entre le conducteur et le policier, au cours de laquelle un troisième coup de feu est parti. Le taximan a été blessé au bras par ce tir et a reçu des soins à l'hôpital. Il a ensuite été interpellé.

Le juge d'instruction décidera dans la journée de la mise ou non sous mandat d'arrêt.

Des dizaines de personnes bloquées dans leur voiture

Suite au barrage des voies d'accès de l'aéroport, des dizaines de personnes ont été bloquées dans leur voiture durant toute la nuit.

Cet incident relance aussi le débat sur la problématique des taximen à l'aéroport de Zaventem.

Les chauffeurs de taxi bruxellois, qui ont une autorisation, peuvent conduire des personnes vers l'aéroport de Zaventem mais doivent repartir à vide.

Les taxis de Zaventem, commune située en Brabant flamand, ne peuvent pas amener des clients de Bruxelles vers l'aéroport mais bien dans le sens opposé.

Les taximen bruxellois doivent apposer un "spoutnik", qui comporte un iris, sur leur toit. Cependant, cette réglementation est mise à mal par le maraudage, qui consiste à circuler, à vide, lentement, à la recherche de clients.

"Ce phénomène est important à l'aéroport de Zaventem", note Claude Delire, président du Groupement national des entreprises de Taxis et voitures de Location asbl - (G.T.L.).Cette situation peut être à la source de conflits entre les taximen avec autorisations et ceux sans. Ben Brik, président de l'Union Professionnelle des exploitants de taxis et taxis-camionnettes, évoque lui des tensions depuis quelque temps entre les chauffeurs de taxi et les policiers de l'aéroport.

"Parmi ces derniers, certains se montrent extrémistes et ces tensions ont peut-être poussé le conducteur à agir de cette manière", poursuit Ben Brik qui ne cautionne ni l'attitude du taximan ni celle du policier et qui demande un durcissement de la législation sur l'octroi des autorisations.

"Les contrôles sont très réguliers", déclare Tine Hollevoet. "Ces derniers sont effectués par la police locale mais c'est la police fédérale de l'aéroport qui est compétente sur le territoire de l'aéroport."