Di Rupo "disponible pour une mission"

Le président du PS a fait savoir, par la voix de son porte-parole, qu’il est « disponible » pour accepter une mission, que ce soit comme formateur ou un autre titre. A condition, cependant, que les négociations pour une réforme de l’Etat et la formation d’un nouveau gouvernement fédéral se poursuivent à 9 partis. Ce que la N-VA de Bart De Wever ne veut pas.

L’annonce d’Elio Di Rupo vient sans doute, notamment, en réaction à l’interview accordée ce vendredi matin par le président de la N-VA, dans l’émission radio « De Ochtend » de la VRT. Bart De Wever estimait qu’il est maintenant urgent qu’un formateur soit nommé et que les négociations en vue de la formation d’un nouveau gouvernement fédéral soient entamées, en discutant non seulement le volet communautaire mais aussi les problèmes socio-économiques.

Le temps presse, affirmait De Wever (photo), car l’approche des élections communales d’octobre 2012 ne feront que rendre les choses plus difficiles encore après les vacances d’été.

« Tout un chacun qui s’y connait un peu en politique et est honnête doit avouer qu’il deviendra totalement impossible de conclure un accord après les vacances d’été. Puisqu’il nous reste 10 semaines, nous disons : entamons dès à présent les négociations pour la formation d’un gouvernement, désignons un formateur qui est candidat au poste de Premier ministre », affirmait le président de la N-VA.

Il faisait ainsi allusion à Elio Di Rupo, mais avouait aussi douter que ce dernier y croit encore. « Vous devez lui poser vous-même la question, je ne sais pas, peut-être que Di Rupo n’estime plus possible de parvenir à un accord ».

Quelques heures plus tard, Elio Di Rupo faisait savoir par l’intermédiaire de son porte-parole qu’il est « disponible pour une mission ». Que ce soit celle de formateur, ou une autre. Il pose cependant quelques conditions. Les négociations devront ainsi se poursuivre avec les 9 partis qui y étaient impliqués jusqu’ici. Mais c’est une condition que la N-VA n’approuve pas. Le parti nationaliste flamand souhaiterait poursuivre les négociations sans le SP.A ni Groen ! du côté flamand.

Si Elio Di Rupo ne voulait pas devenir formateur, avait encore déclaré ce vendredi matin Bart De Wever, alors il n’excluait plus de se porter lui-même candidat au poste de Premier ministre. « Si Di Rupo disait maintenant qu’il ne veut pas le faire, nous avons un problème. Négocier sans candidat Premier ministre, ce n’est pas possible. A la longue, il ne faut plus rien exclure. Il faut bien que quelqu’un conduise la locomotive ».

"Un des deux devra devenir Premier ministre"

La ministre de l’Intérieur démissionnaire, Annemie Turtelboom (Open VLD, photo), partageait ce vendredi dans l’émission « De Ochtend » l’avis de Bart De Wever. Elle estimait qu’un candidat Premier ministre devait se proposer, afin que l’on puisse « enfin discuter sur le contenu ». La ministre lançait ainsi un appel non seulement à Elio Di Rupo, mais plus largement « aux deux personnes ». « Les électeurs ont voté pour deux leaders forts, mais à la place de cela ils voient maintenant deux grands sceptiques, dont l’un dit de l’autre qu’il n’a pas le droit de douter ».

« L’un des deux devra un jour devenir Premier ministre. Si aucun des deux n’en a l’ambition, alors nous avons un problème gigantesque ». Annemie Turtelboom estime qu’un gouvernement peut certainement être mis sur pied endéans les dix prochaines semaines. « Tous les textes sont prêts, toutes les analyses sont prêtes. Je pense que Wouter Beke a fait du très bon travail. Nous ne pouvons tout de même pas continuer à faire des inventaires de pistes possibles », concluait Turtelboom.