"Pas de panique", estime Leterme

Le Premier ministre sortant Yves Leterme et ses ministres sont confiants dans leurs prévisions budgétaires. Elles pourront être maintenues, affirment-ils. Ils ont ainsi réagi à la dépréciation de la perspective de la note de la Belgique par l’agence de notation Fitch.

Lundi, l'agence de notation Fitch Ratings a abaissé de "stable" à "négative" la perspective de la note de la Belgique. La perspective à long terme, elle, reste à AA+. L'agence de notation s'inquiète particulièrement de la persistance de la crise institutionnelle en Belgique. "Sans accord politique sur une réforme institutionnelle, il sera difficile de parvenir à un budget en équilibre, tel que prévu dans le pacte de stabilité", a expliqué Fitch.

En décembre dernier, Standard & Poor's avait tenu le même raisonnement. Bien que la gestion budgétaire quotidienne soit restée ferme pendant la crise, la Belgique a besoin d'un gouvernement, poursuit Fitch. "Un recul durable de la dette nécessite des réformes et une discipline budgétaire dans les années à venir. Et pour ce faire, un nouveau gouvernement est indispensable", ajoute l'agence de notation.

Selon Fitch, la Belgique parviendra cette année à réduire son déficit à 3,6% du PIB, le pays enregistrant de bonnes performances économiques et ayant enregistré, l'an passé, un déficit inférieur aux prévisions. Cependant, à moyen terme, le risque de ne pas atteindre les objectifs fixés est plus élevé.

La confiance avant tout

Dans l’émission ‘De Ochtend’ sur Radio1, le Premier ministre a mis en garde ce matin contre tout comportement incohérent suite à la décision de Fitch. Yves Leterme a répété que la confiance dans la capacité de remboursement de notre pays est grande et que les prévisions budgétaires tenant compte du pacte de stabilité de l’Union européenne pourront être tenues.

Yves Leterme a fait remarquer que le gouvernement a aussi été très prudent dans ses prévisions. Ainsi que le budget ne tient pas compte d’éventuelles bonnes nouvelles, comme la taxe sur les produits de l’énergie, la très discutée rente nucléaire.

« Nous nous inscrivons encore dans un schéma qui atteint l’équilibre en 2014 et enregistre un excédent budgétaire en 2015 », a expliqué le Premier ministre sortant. Il insiste tout de même pour que les négociateurs arrivent rapidement à un accord pour sortir de l’impasse politique.

Le ministre des Finances Didier Reynders (MR) et le ministre du Budget Guy Vanhengel (Open Vld) vont dans le même sens.

"Des résultats meilleurs que prévus"

Didier Reynders est convaincu que le budget 2011 se clôturera sur des résultats meilleurs que prévus, comme ce fut le cas en 2010. L'agence de notation Fitch s'aligne sur Standard & Poor's (S&P), a souligné le ministre des Finances. Elle est d'avis que le budget pourrait ne pas garder à la fin 2011 la même avance sur l'exécution du programme de stabilité européen que celui de 2010. "Notre budget 2011 est en effet basé sur des estimations très prudentes notamment en matière de recettes. De plus, nous n'avons par exemple pas intégré une éventuelle contribution plus élevée des producteurs d'électricité en compensation de la rente nucléaire", a indiqué le ministre. Didier Reynders ajoute qu'il faudra attendre la fin de l'année pour connaître le résultat définitif du budget 2011 mais il se veut optimiste. "Je suis convaincu qu'à la fin 2011 les résultats budgétaires seront meilleurs que ceux annoncés comme ce fut le cas en 2010".

"Il faut que ça bouge"

Le ministre du Budget Guy Vanhengel (Open Vld) insiste sur le fait que ce n'est pas la note, mais sa perspective qui a été revue à la baisse. En outre, Fitch donne au gouvernement une tape amicale sur l'épaule. Le gouvernement surveille bien les caisses de l'Etat, selon Guy Vanhengel. Mais cette réaction de Fitch montre selon le ministre sortant qu'il est temps de faire attention. « Nous avons besoin d'un gouvernement de plein exercice », conclut le ministre.

« Il n’y a pas de quoi paniquer », commente pour sa part l'économiste Geert Noels. « Il ne faut pas exagérer », précise l’expert. « C'est un peu toujours la même chose. Standard & Poor's avait déjà pris la même décision en décembre », souligne-t-il. « Mais cela signifie toutefois qu'il est temps que quelque chose se passe en Belgique », nuance-t-il dans la foulée.