Dexia rattrapé par la crise grecque

Dexia s’inscrit à nouveau à l’agenda politique. L’agence de notation Standard & Poor’s menace de dévaluer d’un cran la note de solvabilité du groupe franco-belge. Ce dernier dispose de plus de 4 milliards d’euros de bons d’Etat grecs.

Les quotidiens ‘De Tijd’ et ‘De Standaard’ faisaient savoir ce matin que l'agence de notation Standard & Poor's envisage de dégrader d'un cran la note de solvabilité du groupe bancaire franco-belge Dexia, qui se situe actuellement à A/A-1, en raison de l'escalade des problèmes de dette de la Grèce.

D'après ‘De Tijd’, Dexia a une exposition directe de 4,3 milliards d'euros à des obligations étatiques grecques, ce qui suscite l'inquiétude de Standard & Poor's. L'agence de notation souligne également que l'accélération du désendettement, qui a été annoncée par le management, contient des "risques de restructuration", et que la crainte se renforce que Dexia ne peut poursuivre à court terme sans une garantie étatique. Standard & Poor's souhaite plus de clarté sur l'impact du désendettement, avant de prendre une décision.

Le journal ‘De Standaard’ rapporte que la crise grecque ne menace pas seulement Dexia mais également le Holding communal.

Une concertation s’est d’ailleurs tenue ce matin entre les représentants du Holding communal, qui détient 14% de Dexia, et les autorités. L'enjeu en était l'extension de la garantie d'Etat, qui expire fin juin, selon ‘De Standaard’.

« Dexia a effectivement un problème, notamment en raison des obligations étatiques grecques qu’elle détient. On est en droit de se demander ce que valent encore ces obligations étatiques grecques. Quasi rien », a déclaré à la VRT Herman Matthijs, professeur de finances publiques à la VUB.

Ces derniers jours, nombreux sont les bourgmestres à tenir à l’œil le cours de l’action Dexia. Les communes comptent effectivement, via le Holding communal, sur un dividende de 13%. « Les communes n’obtiendront jamais un dividende de 13%. Peut-être 6 ou 7% dans le meilleur des cas », a encore précisé Herman Matthijs. « Dans un an, nous avons les élections communales qui se profilent à l’horizon et les communes ont besoin de ces dividendes très lucratifs qui ne viendront certainement pas », a-t-il poursuivi.