« Laissez les communes vendre leurs parts dans Dexia »

Le bourgmestre gantois Daniël Termont (SP.A) souhaite que les villes et les communes puissent vendre les parts dont ils disposent dans le capital de Dexia. L’agence de notation Standard & Poor’s envisage de dévaluer la note de solvabilité du groupe bancaire qui détient de nombreux bons d’Etat grecs.

Les quotidiens ‘De Tijd’ et ‘De Standaard’ avaient fait savoir mardi que l'agence de notation Standard & Poor's envisage de dégrader d'un cran la note de solvabilité du groupe bancaire franco-belge Dexia, qui se situe actuellement à A/A-1, en raison de l'escalade des problèmes de dette de la Grèce. Dexia détient quelque 4,3 milliards d'euros d’obligations d’Etat grecques. Il n’est pas question de restructuration, mais Dexia pourrait perdre beaucoup d’argent en raison de la crise grecque. Le Holding communal, le plus grand actionnaire de Dexia représenté par les villes et les communes belges, est l’une des victimes de cette mauvaise situation financière. Le Holding a dû récemment racheter les dettes aux autorités régionales pour compenser les problèmes de liquidité. Il existe bien une garantie assurée par les autorités, mais celle-ci expire fin juin.

Un soutien régional

Dans l’émission ‘De Ochtend’, le Premier Yves Leterme s’est dit serein quant à la question. Il se dit confiant dans les actionnaires de Dexia pour maintenir la situation sous contrôle, éventuellement avec le soutien des gouvernements régionaux. Le gouvernement fédéral, l’un des actionnaires importants de Dexia, dispose d’une participation de 5,73%.

Un certain nombre de bourgmestres se font, quant à eux, beaucoup de souci. Ils craignent de perdre l’argent qui est déjà inscrit à leur budget. Blankenberge, par exemple, avait dû supprimer en 2009 les services de bus gratuits destinées aux petits enfants de maternelle pour la simple et bonne raison qu’en 2008, avec la crise financière, le dividende de Dexia était tombé à l’eau. Dexia est à nouveau en difficultés et risque de ne pas pouvoir débourser les dividendes promis.

La ville de Gand avait refusé de participer à la dernière augmentation de capital en 2009 et s’était montré particulièrement critique face au super dividende de 13% promis par Dexia. Une critique qui semble justifiée aujourd’hui alors que la banque n’est clairement pas en mesure de tenir ses promesses. « Je n’envie pas mes collègues », a déclaré le bourgmestre Daniël Termont dans ‘Terzake’ ; Il demande que les communes et les villes obtiennent de l’autorité fédérale l’autorisation de vendre leurs parts dans Dexia. « Ce n’est pas la mission des villes et des communes d’investir de l’argent public dans une banque commerciale », a-t-il martelé.

"Il n'y pas d'acheteurs"

Le ministre flamand des Affaires intérieures Geert Bourgeois (N-VA) estime, lui aussi, que ce n’est pas la tâche des communes que de se porter actionnaire d’une banque, a-t-il expliqué dans ‘Terzake’. Mais vendre en dehors du Holding communal n’est pas possible et à l’intérieur du holding, il n’y a pas d’acheteurs.

« Ils ne doivent pas avoir l’autorisation de l’autorité fédérale. Ils font partie du holding, ils peuvent négocier leurs parts. Ils peuvent seulement les offrir sur le marché secondaire et cela, il n’en est pas du tout question ».

Bourgeois estime aussi que la solution ne doit pas venir du niveau fédéral, mais bien du niveau régional.