Encore des foyers d’incendie à Kalmthout

Depuis ce jeudi à l’aube, le violent incendie qui s’est déclaré mercredi dans la réserve naturelle de Kalmthout, en province anversoise, semblait sous contrôle. Entre 450 et 500 hectares de broussailles ont cependant été détruits, au cours de l’incendie le plus ravageur qu’ait jusqu’ici connu la réserve. Les pompiers continuaient cependant à lutter contre des reprises du feu ce jeudi, à cause du vent. En fin d'après-midi, deux foyers d'incendie subsistaient. Des problèmes techniques ont rendu la communication très difficile entre les services de secours pendant la nuit.

« Depuis 2 heures cette nuit, l’incendie est sous contrôle », indiquait ce jeudi matin le bourgmestre de Kalmthout, Lukas Jacobs. « Le dernier foyer se situait près de la frontière néerlandaise. Un bulldozer de la Défense y a creusé un large coupe-feu de 2 kilomètres, pour faciliter les opérations des pompiers belges et néerlandais ». Ce sont des écoliers qui avaient découvert les premières flammes.

Toute la journée de ce jeudi devait être consacrée à maîtriser la situation. Les pompiers restaient particulièrement vigilants, et présents sur place, en raison de reprises subites du feu, qui ont débuté vers 10h30. Le gouverneur de la province anversoise, Cathy Berx, avait déjà indiqué mercredi que ce jeudi serait « difficile ». On attendait en effet des rafales de vent, qui soufflent de différentes directions.

"Environ 50 pompiers issus surtout des corps des environs sont actifs sur le terrain, ce matin », indiquait le bourgmestre Jacobs (CD&V). « Il faudra éteindre systématiquement chaque petite reprise de feu. Un hélicoptère survolera la zone atteinte, avec une caméra à détection de chaleur, pour observer l’évolution de la situation. La caméra analysera où se trouvent les endroits les plus chauds sur le terrain ». Un deuxième hélicoptère était utilisé en fin d'après-midi.

Mais vers 11h00, plusieurs reprises de foyers avaient déjà été observées. Une trentaine d'habitations situées dans deux rues longeant la réserve naturelle ont alors été évacuées à cause de la fumée. Ces maisons n'étaient cependant pas menacées par le feu.

Soutenue par les pompiers, la police locale a entamé une enquête sur l’origine de l’incendie. « Ce n’est pas un hasard si pareil incendie se déclare en journée, lorsque des gens se trouvent sur le terrain, nous indique l’expérience », précisait le bourgmestre de Kalmthout. Ce jeudi, il était encore défendu de se rendre dans la réserve naturelle.

"Un plan catastrophe ou du matériel spécial ?"

La ministre de l’Intérieur démissionnaire, Annemie Turtelboom (Open VLD, photo), s’est rendue mercredi soir sur le terrain de la réserve naturelle. Elle voulait y évaluer si les procédures ou le matériel pour lutter contre les incendies dans des zones naturelles devraient éventuellement être adaptés.

« Nous devons réellement procéder à une évaluation. Nous allons rassembler tous les corps de pompiers pour voir s’il ne serait pas nécessaire d’acheter du matériel spécial supplémentaire, ou éventuellement de créer un plan catastrophe spécial pour les incendies en forêts et réserves naturelles », concluait la ministre Turtelboom.

Pendant l’incendie de Kalmthout, on a en effet constaté une pénurie de voitures de terrain. Un problème technique a aussi empêché les services de secours de communiquer facilement via leur système spécial, baptisé Astrid.

Le plus grand incendie de la réserve de Kalmthout

D’ores et déjà, l’incendie a été reconnu comme le plus important jamais enregistré dans la réserve naturelle de Kalmthout. Il a détruit entre 450 et 500 hectares de broussailles. La végétation mettra vraisemblablement des années à se remettre de l’incendie.

L’ancien record datait de 1996, où 388 hectares de végétation avaient été détruits. La zone naturelle n’avait pas encore eu le temps de s’en remettre totalement, explique Dirk Bogaert de l’Agence flamande de gestion de la Nature (Natuur en Bos).

L’Agence craint de voir apparaître par endroits des variétés végétales de croissance rapide, à la place de la végétation d’origine qui aura besoin de plus de temps pour reprendre. De nombreux nids d’oiseaux ont aussi été ravagés par les flammes.