Les évêques acceptent d'indemniser les victimes d'abus sexuels

En réponse aux propositions de la Commission parlementaire spéciale créée fin 2010, à la suite des révélations de centaines de cas d’abus sexuels commis par des prêtres en Belgique, la Conférence épiscopale a affirmé ce lundi vouloir coopérer avec les experts de la Commission de suivi pour la mise en place d’une forme pluridisciplinaire de procédure d’arbitrage pour les faits prescrits, qui ne peuvent plus être traités par la justice.

Dans leur communiqué de ce lundi, les évêques et supérieurs religieux se disent « profondément touchés » et expriment leur « consternation devant les faits graves qui ont été commis par des membres du clergé et des communautés religieuses ». Ils « reconnaissent sans détour que ces faits sont d’autant plus pénibles que leurs auteurs sont des membres de l’Eglise revêtus d’une autorité morale, qui auraient dû être exemplaires, par respect pour la confiance déposée en eux ».

Et le communiqué poursuit : « Conscients de leur responsabilité morale et de l’attente de la société à leur égard, les Evêques et les Supérieurs religieux s’engagent à assurer une reconnaissance des victimes et adopter des mesures réparatrices de leur souffrance. Ainsi sont-ils déterminés à rétablir les victimes dans leur dignité et à leur procurer des indemnités financières selon leurs besoins ».

Les évêques acceptent donc, comme le propose la Commission spéciale, de coopérer avec les experts de la Commission de suivi pour la mise en place d’une forme pluridisciplinaire de procédure d’arbitrage, pour les faits prescrits que les tribunaux ne peuvent plus traiter.

Les responsables de l’Eglise s’engagent également unanimement à prendre toutes les mesures dont ils disposent pour éviter que les faits graves, que la société déplore, ne puissent se reproduire à l’avenir.

Au cours de la procédure d’arbitrage il devra être décidé, au cas par cas, du montant du dédommagement dont bénéficiera chaque victime.

"Journée importante pour les victimes"

Pour Karin Lalieux (PS), qui présidait la Commission spéciale « abus sexuels », « ce lundi est une journée importante pour les victimes qui sont enfin reconnues ».

La députée souligne aussi « la prise de position des évêques et supérieurs religieux marque une rupture avec le discours que tenait l’Eglise jusqu’à présent. Les choses sont enfin dites sans détour. L’Eglise reconnaît sa responsabilité morale, reconnaît les victimes et accepte de réparer leurs souffrances ».

Carina Van Cauter (Open VLD), vice-présidente de la Commission parlementaire, estime également que ce lundi est « une belle journée pour les victimes. Elles se sont longtemps battues et elles ont dû attendre longtemps. Les dédommagements ne pourront effacer la souffrance, mais ils peuvent réparer ».