“La Belgique doit épargner davantage”

Selon les hauts fonctionnaires des Finances et des Impôts, il faudra épargner plus de 22 milliards d’euros d’ici 2015, et non 17 milliards comme l’avait annoncé le Bureau du Plan.

Les chiffres émanent d’un rapport du comité de monitoring des hauts fonctionnaires des Finances et des Impôts. Ils ont évalué que le montant à épargner d’ici 2015 serait nettement plus proche de 22 milliards d’euros que des 17 milliards annoncés par le Bureau du Plan. Pour dégager un petit surplus budgétaire de 0,2%, quelque 22,7 milliards d’euros devront être épargnés.

Ces chiffres sont nettement plus élevés que ceux qui circulent depuis quelques semaines. Le formateur Elio Di Rupo (PS) table sur un montant oscillant entre 17 et 20 milliards et le président du Michel Charles Michel sur un chiffre moindre encore car il s’attend à plus de croissance économique.

Les chiffres des hauts fonctionnaires doivent toutefois être quelque peu relativisés. Ainsi, ils partent d’un scénario nettement plus pessimiste. Ils envisagent la possibilité d’une moindre croissance du secteur de la santé qui serait en-deçà des 4,5%. Ils ne tiennent pas compte d’efforts supplémentaires consentis par les régions et les communautés.

Si l’on ne prend pas en compte ces scénarios pessimistes, les chiffres en reviennent à 17,5 milliards d’euros, un montant légèrement plus élevé que celui avancé par le Bureau du plan. Les fonctionnaires des Finances et des Impôts avouent toutefois que ces scénarios catastrophiques avec lesquels ils travaillent sont quelque peu irréalistes.

Le rapport comporte également un message clair à l’attention du monde politique: les hauts fonctionnaires souhaitent qu’un gouvernement soit formé aussi vite que possible et qu’il prenne les affaires en main.

"Pas de précipitation"

Le président de la N-VA Bart de Wever estime que le rapport des Finances n’est pas une raison « pour former rapidement un gouvernement qui ne prendrait pas les affaires en main ».

Former rapidement un gouvernement sous la pression des circonstances et régler le reste en cours de route s’est révélé être une mauvaise chose en 2007, prévient-il. Selon De Wever, la N-VA n’entrera que dans un gouvernement qui exécutera les réformes nécessaires sans augmenter les impôts et sans conserver le statu quo.