La Belgique devrait réformer l'index

La Commission européenne a adopté ce mardi son évaluation des plans socio-économiques et budgétaires des 27 Etats membres. Elle pointe ainsi des faiblesses de la Belgique en matière de pression fiscale, de compétitivité et d’allocations de chômage, et recommande notamment à notre pays de réformer son système de négociation collective des salaires et d'indexation, de couper dans les dépenses publiques et de réduire la fiscalité sur le travail.

La Commission européenne a adopté ce mardi son évaluation des plans socio-économiques et budgétaires proposés par les 27 pays membres de l’Union, dans le cadre du premier "semestre européen" de coordination économique. Cette nouvelle procédure oblige les Etats membres à remettre dorénavant chaque année un "programme national de réformes", en plus de leur programme de stabilité. Les pays doivent y détailler les mesures prises pour atteindre notamment l’équilibre budgétaire.

L’analyse du plan socio-économique et budgétaire remis par la Belgique a amené la Commission européenne à souligner certaines faiblesses de notre pays dans plusieurs domaines. La Commission épingle ainsi le décrochage de compétitivité salariale de la Belgique, qui s’est accentué au cours des dernières années en dépit d’une loi qui devait pourtant garantir que les salaires ne progressent pas plus rapidement chez nous que dans les pays voisins.

La Commission estime aussi que la productivité de notre pays a augmenté moins rapidement que dans d’autres Etats membres. La Belgique risque ainsi d’être concurrencée à l’exportation par les pays émergents, notamment parce qu’elle produit surtout des biens à faible valeur technologique ajoutée.

Notant que le gouvernement belge entend faire passer le déficit sous la barre des 3% du produit intérieur brut en 2012, la Commission européenne souligne que ce gouvernement n’a pas encore annoncé les mesures de réduction des dépenses nécessaires pour y parvenir. Elle estime qu’il faudra veiller à réduire les dépenses publiques plutôt qu’à augmenter encore la pression fiscale dans le pays, afin d'accélérer la correction du déficit.

La Commission européenne recommande donc notamment à la Belgique de réduire la fiscalité et les charges sociales sur le travail pour les bas salaires, et de réformer, en consultation avec les partenaires sociaux et en accord avec les pratiques nationales, le système de négociation collective des salaires et d'indexation, afin d'assurer que la croissance des salaires reflète mieux les développements de la productivité et de la compétitivité.

Reculer l’âge de la pension

L’exécutif communautaire se montre en outre critique face au fonctionnement du marché du travail en Belgique, et en particulier le versement d’allocations de chômage illimité dans le temps. Il reconnait néanmoins les efforts réalisés par notre pays pour rendre le travail plus attrayant.

Rappelant d’autre part que la Belgique est un pays où le vieillissement de la population coûtera cher aux générations futures, la Commission se demande ce que le gouvernement à l’intention de faire avec l’évaluation du Pacte entre les générations. Elle note ainsi que les plans déposés dans le cadre du premier semestre européen ne mentionnent aucune intention de retarder l’âge légal de la pension.

A plus long terme, la Commission recommande de réduire les dépenses liées au vieillissement, en s'attaquant aux préretraites et en liant l'âge légal de la pension à l'espérance de vie.

Après l’examen des plans proposés par les Etats membres, la Commission européenne publiera des recommandations à l’égard des 27 pays, qui seront examinées conjointement dans les prochaines semaines. Le second semestre 2011 devrait servir à la mise en œuvre de ces recommandations.