Albert II veut lutter contre la violence sexuelle en RDC

Le Premier ministre démissionnaire Yves Leterme (CD&V), qui se trouvait mercredi soir à New York pour la conférence des Nations Unies sur le sida, a remis au Secrétaire général de l’Onu Ban Ki-moon une lettre du Roi Albert II (photo principale). Le souverain belge y encourage les Nations Unies à accorder une attention suffisante à la lutte contre les violences sexuelles perpétrées contre les femmes en République démocratique du Congo.

Il est inhabituel qu’un roi adresse une lettre personnelle à une grande organisation internationale comme les Nations Unies. La missive d’Albert II, remise ce mercredi soir à New York par le Premier ministre Yves Leterme au Secrétaire général Ban Ki-moon, encourage les Nations Unies à accorder une attention suffisante à la lutte contre les violences sexuelles perpétrées contre les femmes au Congo.

Le souverain belge saisit l’occasion de la remise du Prix Roi Baudouin à un gynécologue congolais pour adresser cette lettre à l’Onu, qui tenait une conférence spéciale à New York sur la lutte contre le sida. Les parties en conflit au Congo utilisent le viol comme arme dans la guerre civile qui fait rage à l’est de la RDC. La violence sexuelle est en outre un tabou dans ce pays. Les victimes ne parlent que rarement parce qu’elles ont peur d’être rejetées par leur famille.

Dans le discours qu’il prononçait ce mercredi à New York lors de la conférence de l’Onu sur le sida, le Premier ministre belge Yves Leterme a fait le lien entre violences sexuelles et la maladie du sida. Il a vigoureusement dénoncé les cultures qui tolèrent la violence sexuelle à l’égard des femmes, affirmant y voir un facteur de propagation de la maladie. « La violence sexuelle, sous quelque forme que ce soit, ne peut pas être tolérée sous le prétexte de la culture ».

Yves Leterme (photo) a aussi dénoncé certains pays africains qui pratiquent la discrimination sur base de l’orientation sexuelle, du sexe, de la foi ou de la couleur de peau dans l’accès aux soins de santé. Dans certains pays, tels que l’Ouganda et le Zimbabwe, l’homosexualité est punissable. Le Premier ministre belge a également mis en garde contre une stigmatisation des personnes séropositives. Leterme a cependant dressé un bilan positif des 10 dernières années de lutte contre le sida, soulignant la baisse du nombre de nouvelles contaminations et l’accès aux médicaments dans les pays pauvres.

La Belgique a consacré l’an dernier près de 400 millions d’euros à des projets d’aide liés au sida et fait partie des principaux donateurs. Le Secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, a proclamé que l’objectif était d’éradiquer le sida d’ici 2020. Un objectif ambitieux qui demande des investissements, alors que la crise économique a touché les budgets des organisations non-gouvernementales présentes sur le terrain.

Temmerman préside un groupe d’avis sur le sida

En marge du sommet de l’Onu sur le sida, à New York, la gynécologue flamande et sénatrice du SP.A Marleen Temmerman (photo) a été élue mercredi présidente du groupe d’avis sur le sida de l’Union interparlementaire (UIP).

Ce groupe est chargé de faire des propositions de nature législative aux parlementaires de l’UIP. La gynécologue flamande possède une large expertise sur le sida.

Depuis le Mozambique, Marleen Temmerman a réagi à sa nomination en affirmant que « l’envoi de médicaments accessibles et un soutien des pays occidentaux doivent pouvoir contribuer à mieux lutter contre la maladie ». La gynécologue de renom a cependant ajouté que « des gouvernements, comme celui de la Belgique cette semaine, ne doivent alors pas menacer de geler leur aide au Global Fund to Fight Aids, qui lutte contre le sida, la tuberculose et la malaria ».

Le gouvernement belge a annoncé qu’il suspendait son aide à ce Fonds dans l’attente des résultats d’un audit interne sur de possibles faits de corruption.