La Belgique tracasse les banques américaines

Alors qu’il participait à un déjeuner à New York ce jeudi, le Premier ministre démissionnaire Yves Leterme (CD&V) a été questionné sur la crise politique belge par des représentants de huit grosses sociétés d’investissement. Ces derniers s’inquiètent surtout de la marge de manœuvre dont dispose le pays pour réaliser les réformes nécessaires pour maintenir les finances publiques en équilibre à long terme.

Le Premier ministre belge en affaires courantes avait déjà rencontré plusieurs fois ces derniers temps d’importants obligataires, mais les représentants des huit sociétés d’investissement avec lesquels il déjeunait ce jeudi lui ont posé un nombre particulièrement important de questions au sujet de la situation politique du pays.

‘Ils étaient très curieux. Ils n’avaient pas que des questions sur l’économie et les chiffres, mais ils voulaient aussi savoir quelle est la situation politique et quelles sont les modalités d’action », expliquait Yves Leterme à l’issue de la rencontre.

Le fait que la Belgique n’ait toujours pas de nouveau gouvernement fédéral, près d’un an après les élections législatives du 13 juin 2010, inquiète les investisseurs. « Le plus important pour ces investisseurs est que les réformes puissent être réalisées », indiquait pour sa part Sylvia Moussali, la directrice exécutive du bureau d’investissement Morgan Stanley (photo). Ce dernier voudrait notamment voir des réformes dans le système belge des pensions et dans les dépenses publiques.

Yves Leterme a souligné que la situation ne devait pas engendrer de panique. La Belgique a en effet levé cette semaine 3,5 milliards d’euros grâce à un emprunt synchronisé sur 15 ans et dispose ainsi déjà de 76% des fonds nécessaires pour refinancer cette année la dette publique. « Je pense que l’ensemble de l’exercice se déroulera correctement cette année. Les conditions sont favorables », indiquait le Premier ministre sortant.

Sylvia Moussali a également souligné que les investisseurs considéraient encore toujours la Belgique comme un pays solide au sein de la zone euro. Yves Leterme a néanmoins conclu : « Au plus vite nous pouvons réaliser les réformes demandées par la Commission européenne, au mieux ce sera. Chaque mois qui passe est un mois perdu ».