Bruxelles plaque tournante pour les espions

Selon le magazine flamand MO, Bruxelles serait depuis plus de 40 ans une plaque tournante pour les espions. Le magazine d’information mondiale base ses affirmations sur le contenu d’archives des services secrets de plusieurs pays d’Europe de l’Est qu’il a pu consulter. La Sûreté d’Etat belge précise pour sa part que de nombreux espions sont encore actifs actuellement dans la capitale.

« Bruxelles recèle une haute densité d’informations, notamment parce que le siège de l’Otan mais aussi les institutions européennes sont établis sur son territoire », explique le journaliste Kristof Clerix (photo) du magazine flamand MO. « Ces services attirent beaucoup d’attention diplomatique ». En d’autres termes, de nombreuses informations stratégiques intéressantes sont disponibles à Bruxelles.

Pendant la guerre froide, il y avait beaucoup d’espionnage politique et militaire. Aujourd’hui, il s’agit davantage d’espionnage économique et informatique.

Kristof Clerix s’est plongé dans le dossier de l’espionnage pendant la guerre froide. Pour ce faire, il est allé consulter les archives des capitales bulgare (Sofia), tchèque (Prague), allemande (Berlin) et roumaine (Bucarest), en y cherchant plus particulièrement des informations sur des Belges.

Ainsi à Prague, il a retrouvé le nom du bourgmestre de Bruxelles, Freddy Thielemans (PS). Le journaliste de MO a découvert de petits comptes-rendus sur des rencontres dans des restaurants bruxellois avec Thielemans, à l’époque où il était encore chef de cabinet du bourgmestre bruxellois. Selon l’intéressé, il n’était pas conscient d’être « suivi ».

Pendant ses recherches dans les archives étrangères, Kristof Clerix est également tombé sur les noms de journalistes, et notamment celui de Frank Schlömer, un journaliste du quotidien flamand De Morgen. Il s’agissait ici bien de Belges qui ont été suivis par des espions, et non pas qui exerçaient eux-mêmes des activités d’espionnage.