Davantage de chômeurs rétifs sanctionnés

En 2010, l’Office national de l’emploi (Onem) a privé d’allocations 6.419 chômeurs qui ont refusé un emploi qui leur était proposé. Les chiffres démontrent cependant une nette différence entre la Flandre et la Wallonie. Ainsi, selon La Libre Belgique, quelque 222 chômeurs qui ne se montraient pas disponibles ont été privés d’allocations en Flandre, alors qu’en Wallonie ils étaient 6.194 chômeurs à être sanctionnés pour la même raison. Il y a 10 ans, la proportion entre Flamands et Wallons était inversée.

Il y a une dizaine d’années, les partis flamands avaient protesté contre les autorités wallonnes chargées de l’emploi, les jugeant trop laxistes en matière de transmission à l’Office national de l’emploi des informations concernant les chômeurs peu coopérants ou peu actifs dans leur recherche d’un emploi. Les statistiques montraient en effet chaque année, depuis la régionalisation de l’accompagnement des chômeurs, des divergences flagrantes entre les deux Régions, précise le quotidien La Libre Belgique.

En 2004, le ministre fédéral de l’Emploi de l’époque, Frank Vandenbroucke (SP.A), élaborait un plan pour lutter contre le chômage en Belgique en contrecarrant les abus. Grâce à des moyens informatiques améliorés, les modes de transmission des données par les services régionaux de l’emploi (VDAB en Flandre et Forem en Wallonie, notamment) vers l’Onem (logo) étaient facilités. D’autre part, un dispositif de contrôle de la disponibilité des chômeurs était mis en place par l’Onem.

Il convient en effet de préciser que ce ne sont pas les services régionaux de l’emploi qui décident de priver un chômeur peu disponible de ses allocations. VDAB et Forem transmettent à l’Onem l’information au sujet d’un chômeur qui se montre peu coopérant et c’est ensuite l’Office national de l’emploi qui mène enquête avant de décider de prendre, éventuellement, des sanctions à l’encontre de ce chômeur.

La tendance s’est inversée ?

Alors qu’en 2004 quelque 3.449 Flamands avaient été privés de leurs allocations de chômage contre seulement 186 Wallons, quelque 7 ans plus tard les proportions se sont inversées. L’an dernier, 222 chômeurs se voyaient refuser encore des allocations en Flandre contre 6.194 en Wallonie.

Selon les chiffres livrés ce vendredi par la ministre fédérale de l’Emploi, Joëlle Milquet (CDH, photo), le nombre total de sanctions prononcées à l’égard de chômeurs s’est multiplié par 3 en 10 ans. Il est ainsi passé de 34.284 en 2000 à 108.168 en 2010, avec une accélération nette depuis 2005.

Il semble que l’explication pour la modification drastique des proportions de sanctions entre Flandre et Wallonie ne vienne pas d’un assouplissement des contrôles en Flandre, mais davantage du fait que le Forem wallon transmet maintenant sans retenue à l’Onem le nom des demandeurs d’emploi qui ne respectent pas leurs obligations. De son côté, le VDAB flamand lance très rapidement un accompagnement des chômeurs dans la recherche d’un emploi et intervient immédiatement lorsqu’il constate qu’un demandeur d’emploi ne se montre pas disponible.

A côté de la suppression pure et simple d’allocations de chômage, il existe aussi une suspension temporaire ou partielle des allocations. Si on tient compte des chiffres dans ce domaine, la différence entre les Régions s’estompe : 9.094 Flamands et 11.171 Wallons ont ainsi été sanctionnés en 2010.