Moody’s épargne la Belgique

L'économie belge possède des fondamentaux solides mais une absence de solution rapide à la crise politique pourrait faire pression sur la note du pays, avertit l'agence de notation Moody's dans son analyse annuelle de crédit sur la Belgique. Moody's laisse la note de la Belgique inchangée, soit Aa1, assortie d'une perspective stable.

La Belgique doit sa note Aa1 à son économie "avancée et diversifiée" qui, combinée à un "environnement institutionnel développé", permet à la dette publique de rester abordable, estime Moody's.

La note Aa1 de la Belgique -soit la deuxième plus haute de l'agence de notation- s'explique également par le fait que notre pays est l'un des plus riches d'Europe et est un créancier international fort.

En outre, l'économie belge connaît peu de déséquilibres malgré des taux de croissance supérieurs à la moyenne de la zone euro, poursuit l'agence de notation.

Quant à la perspective stable assortie à la note de la Belgique, elle se base sur la prévision de Moody's que la hausse actuelle des ratios de dette publique sera stoppée endéans les deux prochaines années, pour être ensuite inversée via le dégagement de soldes primaires fortement positifs.

Moody's n'oublie toutefois pas les "tensions politiques entre la Flandre et la Wallonie", ce qui pourrait avoir des conséquences fâcheuses pour la note de crédit de notre pays. "Bien que ce ne soit pas notre scénario central, une pression potentielle à la baisse sur la note pourrait naître si l'impasse politique actuelle n'est pas résolue rapidement...", met en garde l'agence de notation.

Reynders: Moody's confirme notre analyse

L'analyse de Moody's confirme l'analyse du gouvernement. Il n'y a aucun raison de dégrader la note de la Belgique. Au contraire, Moody's va même plus loin. Elle assorti sa note d'une perspective stable". Tel est le commentaire formulé lundi par le ministre des Finances, Didier Reynders (MR), au rapport de l'agence de notation.
M. Reynders est ce lundi à Londres avec le Premier ministre Yves Leterme (CD&V) pour y défendre l'image de la Belgique à l'égard des investisseurs et des acteurs des marchés financiers.
"Ce rapport conforte notre le discours que nous venons porter à Londres", a ajouté M. Reynders.
"L'analyse, dit-il, confirme celle que nous faisons depuis des mois. La situation économique et budgétaire de la Belgique est bonne, l'épargne est importante et notre économique est ouverte sur le monde. L'agence de notation n'a donc effectivement aucune raison de dégrader notre note. Elle va même plus loin puisqu'elle nous attribue une orientation stable".
Certes, ajoute le ministre, cela n'enlève rien au fait qu'il faudra faire des réformes fondamentales à l'avenir. "Il y a maintenant un formateur et nous attendons de lui des propositions concrètes. A défaut d'un nouveau gouvernement, le gouvernement sortant devra prendre ses responsabilité".(avec Belga)