Un seul ministre en charge du Rhin d’Acier

Dorénavant, seul un ministre belge sera responsable du suivi du dossier du Rhin d’Acier. C’est ce qu’a décidé la Commission Infrastructure de la Chambre. Ces derniers mois, plusieurs ministres se sont en effet occupés du dossier de la ligne ferroviaire historique qui relie le port d’Anvers au bassin industriel de la Ruhr, en Allemagne, et ont participé à des réunions en Allemagne et aux Pays-Bas.

Construite entre 1869 et 1879, la ligne ferroviaire du Rhin d’Acier est sans doute l’une des plus contestées d’Europe occidentale. Elle relie le port d’Anvers - premier port de Belgique - à la région industrielle allemande de la Ruhr, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, via les villes belges de Lière et Herenthals et la ville néerlandaise de Roermond.

Il s’agit de la première ligne transfrontalière en Europe, avec 96 km de voies en Belgique, 48 km dans le Limbourg néerlandais et 18 km en Allemagne. Ce tracé n’est cependant plus utilisé sur son tronçon néerlandais depuis 1991, date à laquelle on estima que d’autres routes ferroviaires plus modernes pouvaient suffire à acheminer des marchandises du port belge vers l’Allemagne.

D’autres tronçons de la ligne historique, rénovés, sont utilisés pour le transport de marchandises et de voyageurs. En 1998, la Belgique avait demandé aux Pays-Bas de rouvrir l’entièreté de la ligne ferroviaire historique, à la suite d’une augmentation du trafic de marchandises, et notamment de conteneurs, entre le port anversois et l’Allemagne.

Mais les deux pays n’étaient pas d’accord sur le coût de la réouverture, ni sur la répartition des coûts entre Belgique et Pays-Bas. En mai 2005, la Cour d’arbitrage permanente de La Haye décrétait que la liaison ferroviaire pouvait être rouverte et que les deux pays devaient créer une commission d’experts indépendants qui établirait les coûts.

L’étude démontra néanmoins que la remise en service de la liaison ferroviaire coûterait plus d’argent qu’elle n’en rapporterait. La Belgique a cependant continué à négocier sur le dossier avec les Pays-Bas et l’Allemagne. Sans beaucoup de résultats, ce qui a poussé le député Peter Luykx (N-VA) à proposer une résolution qui centralise la coordination du dossier du Rhin d’Acier dans les mains d’un seul ministre.

La Commission Infrastructure de la Chambre vient d’approuver cette résolution. Il n’a cependant pas encore été décidé quel ministre aurait dorénavant la charge du dossier. Peter Luykx suggère que ce soit le Premier ministre.