Comment sortir de la crise politique ?

Que va-t-il se passer après le refus de la N-VA de négocier sur base de la note d’Elio Di Rupo ? Le formateur trouvera-t-il un moyen de sortir de la crise qui dure depuis plus d’un an ? Il ne réagira en tous cas pas ce jeudi : il doit en effet rendre rapport vendredi au Roi Albert II. La Belgique peut-elle encore éviter de nouvelles élections ?

Quelque 389 jours après les élections législatives du 13 juin 2010, la N-VA vient de rejeter la note du formateur Elio Di Rupo (PS) comme base acceptable pour des négociations en vue de la formation d’un nouveau gouvernement fédéral et une réforme de l’Etat. Le président des nationalistes flamands, Bart De Wever (photo), a résumé au cours d’une conférence de presse les lourdes critiques de son parti envers les propositions du formateur dans les domaines socio-économique et communautaire.

Avant la N-VA, les partis MR, Open VLD, PS, Ecolo, CDH, SP.A et CD&V avaient déjà donné leur réponse à la note du formateur, la jugeant par contre tous une base suffisante pour entamer des négociations de formation. Les écologistes flamands de Groen ! devaient encore donner leur réponse dans la soirée.

« La N-VA reste disponible pour tenter de former un nouveau gouvernement, mais seulement si l’on répond réellement à nos critiques fondamentales », déclarait ce jeudi après-midi Bart De Wever. « Je laisse au formateur et aux autres partis le soin de juger s’ils estiment que c’est possible ou non ».

Le président des chrétiens-démocrates flamands, Wouter Beke, avait déjà laissé entendre ce jeudi midi que son parti voulait entrer dans des négociations, mais pas sans la N-VA. Il serait d’autre part presque impossible d’obtenir une majorité du côté flamand sans les 27 sièges que la N-VA occupe à la Chambre.

Le formateur Elio Di Rupo (photo) ne réagira pas ce jeudi, indique le bureau du PS. Il veut se donner le temps d’analyser les réponses de tous les partis politiques, et il doit rendre rapport au Roi Albert II ce vendredi. Le souverain visitait ce jeudi la biscuiterie Jules De Strooper, en Flandre. Reste à voir si Di Rupo aura une autre solution ce vendredi que de rendre son tablier de formateur.

Mais que va-t-il alors se passer ? Le Roi pourrait entamer une nouvelle série de consultations et désigner ensuite une nouvelle personnalité chargée de faire sortir le pays de la crise politique. Peut-être la N-VA espère-t-elle être maintenant sollicitée par le souverain ? Bart De Wever était en effet candidat, avant qu’Elio Di Rupo ne soit désigné formateur. Mais peu d’observateurs estiment que dans un climat aussi tendu la N-VA parviendra à un résultat.

Des élections inévitables ?

Les nationalistes flamands espèrent-ils plutôt l’organisation de nouvelles élections législatives ? Les différents sondages des intentions de vote ont en effet démontré que la N-VA a encore toujours le vent dans les voiles et qu’elle pourrait encore améliorer sa position électorale.

Mais la solution de nouvelles élections soulève aussi des questions. Un nouveau scrutin ne peut en effet être organisé qu’après une dissolution du Parlement. Et cette option n’est actuellement pas soutenue par une majorité, absolument nécessaire.

De toute façon, même au terme de nouvelles élections, ce seront encore les mêmes neuf partis qui devront s’asseoir à la table des négociations pour dessiner un avenir à la Belgique.