Seule la N-VA rejette la note du formateur

Le parti nationaliste flamand estime que la note d’Elio Di Rupo ne constitue pas une bonne base pour commencer à négocier sur une réforme de l’Etat et la formation d’un nouveau gouvernement fédéral. La N-VA trouve que les négociations n’ont pas de chance d’aboutir à un accord sur base des propositions du formateur, a indiqué ce jeudi vers 14h00 le président du parti, Bart De Wever (photo principale). Plus tôt dans la journée, le PS, le CDH, Ecolo, le SP.A et le CD&V s’étaient par contre dit prêts à entamer des négociations. Les démocrates-chrétiens flamands ajoutaient cependant, « mais pas sans la N-VA ».

Alors que les partis libéraux francophone (MR) et flamand (Open VLD) avaient déjà indiqué plus tôt dans la semaine qu’ils étaient prêts à débuter des négociations sur base de la note du formateur Elio Di Rupo, en vue de la formation d’un nouveau gouvernement fédéral et d’une réforme de l’Etat, les autres partis impliqués depuis des mois dans les négociations qui ont suivi les élections législatives du 13 juin 2010 avaient jusqu’à ce jeudi soir pour donner leur réponse au formateur.

En fin de matinée, les partis francophones CDH, Ecolo et PS faisaient rapidement savoir qu’ils soutiennent la note d’Elio Di Rupo et la considèrent comme une bonne base pour entamer des négociations. Le CDH qualifiait ainsi la note de base sérieuse et acceptable pour entamer sans délai des négociations. Le parti de Joëlle Milquet (photo) voulait cependant déposer des amendements sur un certain nombre de points, notamment pour promouvoir l’emploi.

Ecolo disait « oui, mais un oui de responsabilité, de lucidité et de combat », expliquait son président Jean-Michel Javaux, ajoutant que « ce pays a besoin d’un avenir et d’un gouvernement ». Quant au PS, le parti d’Elio Di Rupo, il soulignait que la note a pour but de sortir le pays de la crise importante qu’il traverse et doit permettre l’ouverture de négociations pour la formation d’un nouveau gouvernement et la mise en œuvre de la 6e réforme de l’Etat.

SP.A et CD&V disent "oui, mais"

Les socialistes flamands, présidés par Caroline Gennez, répondaient en début d’après-midi qu’ils sont « satisfaits des orientations de la note présentée par Di Rupo, mais veulent négocier pour atteindre de meilleurs équilibres ». Refuser de négocier serait une occasion manquée, déclarait Caroline Gennez, à l’attention de la N-VA.

Les socialistes flamands indiquaient souscrire à la note aussi bien sur les questions socio-économiques que sur le plan institutionnel. Caroline Gennez notait que le formateur prévoit une scission de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde et jette les bases de réformes économiques qui permettront d’offrir des perspectives aux jeunes.

Peu avant 14h00 et le début de la conférence de presse de la N-VA, les démocrates-chrétiens flamands donnaient leur réponse à la note Di Rupo. Leur président Wouter Beke (photo) indiquait ainsi que le CD&V veut continuer à négocier sur base de la note, afin de sortir de l’impasse, mais juge que la participation de la N-VA est "une condition nécessaire". Et de préciser : "Nous sommes convaincus qu’un accord communautaire et un accord de gouvernement doivent être conclus autour de l’axe du PS et de la N-VA, deux partis qui ont reçu le mandat de l’électeur pour parvenir à une solution".

Les écologistes flamands de Groen ! devraient apporter leur réponse à la note Di Rupo en soirée.

"Non" catégorique de la N-VA

Au cours d’une conférence de presse organisée au Parlement flamand en début d’après-midi, le parti nationaliste flamand annonçait alors son refus d’entamer des négociations sur la base de la note du formateur Elio Di Rupo, soulignant cependant que cette note avait été préparée avec grand soin et qu’elle bénéficiait donc du respect de la N-VA.

Bart De Wever, le président du parti, indiquait qu’au terme d’une analyse minutieuse de la note et de ses implications, la N-VA avait été contrainte de conclure que les propositions d’Elio Di Rupo ne formaient pas une bonne base pour entamer des négociations, ni pour les mener à bien avec succès.

Le parti nationaliste flamand considère notamment que les réformes économiques et sociales proposées par le formateur ne sont pas en ligne avec les recommandations de l’Union européenne ni de l’OCDE ou du FMI et qu’elles provoqueraient une hausse d’impôts massive. En les suivant, la Belgique deviendrait le pays de l’Union qui assainit le moins ses finances et recherche un maximum de revenus complémentaires.

La N-VA n’approuve pas non plus le volet de la note sur la loi de financement et l’autonomie fiscale des Régions. Il offre, selon Bart De Wever, peu d’autonomie et de responsabilisation aux Régions, en ne leur permettant pas de développer une politique fiscale propre.

Pour ce qui est d’une réforme de l’Etat, la note Di Rupo contient peu de nouveautés, estime la N-VA. Elle va même jusqu’à dire que « le niveau de la note est en-dessous de celui de la note du conciliateur Johan Vande Lanotte. Il s’agit simplement d’une énième réforme bric-à-brac ».

Quant aux propositions du formateur au sujet de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde et du statut de Bruxelles, la N-VA les juge « désastreuses ». Bruxelles recevrait ainsi chaque année près de 500 millions d’euros, mais la note ne mentionne aucun engagement en vue d’une meilleure gestion de la Région capitale. Dans les six communes flamandes de la périphérie bruxelloise où les francophones bénéficient de facilités linguistiques, ces dernières seraient encore renforcées. « Pour le dossier des bourgmestres francophones qui n’ont pas été nommés, la note ne propose pas de solution, mais la compétence en la matière est par contre enlevée à la Flandre. Si l’on additionne toutes les propositions, ces communes seraient dans les faits détachées de la Flandre », juge la N-VA.

Bart De Wever concluait en affirmant être encore toujours disponible « pour tenter de former un gouvernement fédéral, mais seulement si l’on répond réellement à nos critiques fondamentales. Je laisse au formateur le soin de juger s’il estime que c’est possible ou non ».