Di Rupo prêt à négocier sur base de sa note

Bien qu’il ait demandé ce vendredi au Roi Albert II d’être déchargé de sa mission de formateur, suite au refus de la N-VA de négocier sur base de sa note, le président du PS (photo principale) s’est dit prêt à poursuivre son travail, soulignant que 7 partis politiques ont dit « oui » à sa proposition. Invité du Journal de la VRT, Elio Di Rupo a dit espérer qu’un changement se produise d’ici quelques jours.

Invité au Journal télévisé de la VRT, ce vendredi soir, le président des socialistes francophones a réagi pour la première fois publiquement après le « non » catégorique des nationalistes flamands d’entreprendre des négociations sur base de sa note en vue de la formation d’un nouveau gouvernement fédéral et d’une réforme de l’Etat.

« La critique de la N-VA est l’affaire de la N-VA, mais la constatation la plus importante est que 7 partis politiques ont par contre dit « oui » à la note », déclarait Elio Di Rupo à la VRT. « Et un parti n’a pas donné de réponse claire, le CD&V ».

« Je pense que nous devons prendre maintenant quelques jours pour évaluer les conséquences de la situation politique. Et j’espère qu’un changement interviendra d’ici quelques jours ». Di Rupo espère donc encore pouvoir négocier sur base de sa note. Il semble cependant peu probable que la N-VA prenne part à ces négociations. Le président des nationalistes flamands, Bart De Wever, s’est une nouvelle fois montré très critique vis-à-vis d’Elio Di Rupo et le PS ce vendredi.

De Wever (photo) doute des intentions du président du PS. Il estime que le but du formateur a été d’écarter la N-VA. Mais Elio Di Rupo n’a pas répondu à ces accusations. « Je respecte le point de vue de la N-VA, mais 7 partis ont dit « oui » et nous devons aussi le respecter », répondait l’ex-formateur.

Di Rupo va-t-il essayer de convaincre le CD&V de s’asseoir à la table des négociations, même sans la N-VA ? Le président du PS n’a pas voulu donner une réponse directe. « Je souhaite trouver une solution pour le pays ». Il est cependant catégorique à propos d’un point : de nouvelles élections seraient une mauvaise chose. « Ce serait une sorte de catastrophe pour la population », concluait Elio Di Rupo.

"Négocier avec les partis qui le veulent"

Interrogé ce samedi matin dans l’émission « De Ochtend » de la première chaîne radio de la VRT, le président d’Open VLD Alexander De Croo (photo) a également plaidé en faveur de négociations avec les partis qui se sont dit prêts à négocier sur base de la note Di Rupo. Cela voudrait dire sans la N-VA, et éventuellement aussi sans le CD&V.

De Croo ne s’est pas montré tendre envers le président de la N-VA, Bart De Wever. « Nous avons pu voir sur de belles diapositives comment la proposition de négocier a été brûlée. C’est la manière dont on brûle un accord de gouvernement. Mais il ne s’agissait pas d’un accord de gouvernement, seulement d’une tentative d’ouverture. De Wever s’est comporté comme un étudiant qui est fier de sa belle réponse à une question, mais qui a répondu à la mauvaise question ».

Tout en soulignant que les libéraux flamands ont aussi de lourdes critiques à l’encontre de certains points de la note Di Rupo, Alexander De Croo plaide en faveur d’une ouverture de négociations avec les partis qui ont accepté la note comme base de discussion. « Il y a un texte, il y a un formateur qui se comporte comme un candidat Premier ministre et il y a des partis qui veulent négocier. Tous les éléments sont donc réunis. Je ne vois pas pourquoi nous attendrions encore. Lorsque les fruits sont mûrs, il faut les cueillir, sinon ils pourrissent”.

De Wever doute des intentions d’Elio Di Rupo

Vendredi, au cours d’une entrevue informelle avec des représentants de la presse, le président de la N-VA a une nouvelle fois lourdement critiqué le PS et affirmé qu’il se sent trompé par Elio Di Rupo.

Bart De Wever affirme douter des intentions qu’avait Di Rupo en rédigeant sa note. Et il regrette qu’il n’y ait pas eu de concertation à propos du texte. Le président de la N-VA va jusqu’à déclarer que « le but était d’utiliser la note comme un couteau pour couper la N-VA des autres partis ». Et de se demander : « Di Rupo est-il perfide ou n’est-il pas capable de mieux ? ».

Des déclarations qui semble prouver que les deux hommes ne se donnent plus une chance de négocier encore à la même table. Bart De Wever estime que le « non » était la seule réponse logique que son parti puisse donner à la note, qu’il juge insuffisante du point de vue socio-économique, budgétaire et communautaire.