"Négocier a peu de sens pour l’instant"

A la veille de la Fête de la Communauté flamande du 11 juillet, le ministre-président flamand Kris Peeters (CD&V) affirme que le formateur Elio Di Rupo (PS) doit adapter sa note - en tenant compte des critiques formulées à son égard, et notamment celles de la N-VA - avant qu’elle puisse être acceptée par la Flandre et négociée par les partis politiques.

La Fête de la Communauté flamande du 11 juillet tombe cette année seulement trois jours après que les partis politiques impliqués depuis des mois dans des négociations en vue d’une réforme de l’Etat et de la formation d’un nouveau gouvernement fédéral aient dû donner leur réponse à la note rédigée par le formateur Elio Di Rupo (PS) comme base pour entreprendre de nouvelles négociations. La N-VA avait, seule, déclaré vendredi qu’elle ne jugeait pas cette note une base suffisamment satisfaisante pour entamer des négociations.

Quant aux démocrates-chrétiens flamands, ils s’étaient dits prêts à négocier sur base de la note, mais à condition que la N-VA s’asseye aussi à la table des négociations. A la suite du « non » des nationalistes flamands, les réactions de différents membres du CD&V avaient créé la confusion sur ce que le parti a maintenant l’intention de faire.

Interrogé ce dimanche par la VRT, le ministre-président flamand Kris Peeters (CD&V) a voulu remettre les choses au clair. Il affirme ainsi que pour l’instant « continuer à discuter présente peu de valeur ajoutée. Certainement quand on ne sait pas de quoi on va parler ». Peeters estime que le président des socialistes francophones Elio Di Rupo doit réécrire sa note, en tenant compte des critiques qui ont été exprimées à l’encontre de ses propositions, notamment par la N-VA.

Certains problèmes insurmontables ?

Le ministre-président flamand voit certains problèmes insurmontables dans le texte actuel d’Elio Di Rupo. « Pour permettre un équilibre du budget fédéral, la Flandre a débloqué 2 milliards d’euros. Quand je vois que la note réclame encore 2,6 milliards d’euros pour rétablir l’équilibre budgétaire d’ici 2015, je me pose de sérieuses questions ».

Kris Peeters souligne qu’une réforme de l’Etat en profondeur est importante pour la Flandre. « La réalité politique est que la Flandre est une Région adulte, qui a un rôle actif dans un Etat de prospérité sociale, en Europe et dans le monde. Les principales initiatives de gestion sont aujourd’hui déjà prises au niveau flamand. Il est donc temps que cette réalité dans les faits se reflète aussi dans la réalité institutionnelle ».

Le ministre-président précise aussi qu’il souhaite voir les Régions obtenir davantage de compétences sociales. En attendant, il souhaite utiliser ses compétences propres au maximum. Il vise ainsi une extension de l’assurance de soins, une prime pour les enfants jusqu’à 3 ans et l’introduction d’une facture maximale pour les soins à domicile (photo).

« Les moyens financiers qui sont dégagés pour les prochaines années seront utilisés au bénéfice des personnes qui en ont le plus besoin : les pauvres, les jeunes parents et les personnes qui souffrent d’un handicap », explique Kris Peeters. Et de préciser que la Flandre n’abandonnera jamais Bruxelles.

Le ministre-président estime qu’Elio Di Rupo doit notamment étayer sa note de chiffres plus concrets. Mais il ne précise pas si le CD&V acceptera de se mettre à la table des négociations sans la N-VA, laissant le soin au président du parti, Wouter Beke, de prendre cette décision.

Kris Peeters prononcera ce dimanche soir un discours à Courtrai à l’occasion de la Fête de la Communauté flamande du 11 juillet. Il y présentera aussi une « Charte pour la Flandre ». Ce texte se veut une sorte de Constitution pour la Flandre. « Nous donnons ainsi le signal que la Flandre veut jouer un rôle à part entière en tant que communauté politique », conclut Kris Peeters.