"La crise de l’euro va nous coûter cher"

La crise de la dette européenne pourrait coûter 200 millions d’euros à notre pays à cause de l’élargissement de l’écart de taux entre les dettes des différents Etats membres, voilà ce qu’a déclaré le ministre démissionnaire des Finances Didier Reynders (MR).

Lundi soir les ministres des Finances des 17 pays de la zone euro se sont réunis à Bruxelles et ont annoncé leur intention de prendre des mesures pour empêcher un accroissement de la crise de la dette à tous les pays de la zone.

Cette déclaration n'a apparemment pas convaincu les investisseurs. Mardi matin, après la sévère chute de la veille, les bourses européennes perdaient toutes au moins 2% dès leur ouverture.

L'écart de taux entre la Belgique et l'Allemagne n'a jamais été aussi grand.

La Belgique subit la nervosité des investisseurs : le spread, soit l'écart du taux entre les obligations à long terme de l'Etat belge et celles de l'Allemagne, a continué à se creuser lundi, après avoir atteint un record en cours de journée.

Ce qui signifie que la confiance des marchés financiers est affectée.

Cet écart de taux va coûter très cher à notre pays.

"Nous allons en tous cas devoir payer plus dans les prochains mois et si la situation continue de s’aggraver cela coûtera de 100 à 200 millions d’euros aux caisses de l’Etat" a déclaré Didier Reynders. 

"Un gouvernement limité pour faire face à la crise"

Le ministre des Finances a plaidé mardi sur les ondes de Bel RTL pour la constitution d'un gouvernement belge au programme limité (réforme des retraites et du chômage) pour faire face à "la période troublée" que traverse la zone euro, si aucune solution ne se dégage dans le cadre de la note Di Rupo.

En premier lieu, c'est au formateur de prendre une initiative sur base des réponses qu'il a reçues à sa note, a rappelé M. Reynders.

"J'ai vu que sa première réaction a été de démissionner, je préférerais que l'on négocie. Nous avons des amendements: travailler plus sur les dépenses que sur les impôts nouveaux, des aménagements pour défendre les francophones", a-t-il commenté.
Après leur refus de négocier, le CD&V et la N-VA ont tenté ces derniers jours de renvoyer la balle dans le camp du formateur en lui demandant de réécrire sa note avant toute négociation. Une hypothèse quasiment exclue pour Elio Di Rupo, notamment en raison des équilibres à préserver dans la note, du respect dû aux partis qui ont déjà répondu "oui mais", ou pour ne pas céder au chantage, commentait mardi la presse.
S'il n'y a pas de solution, "l'actuel gouvernement devra prendre dans les prochaines semaines plus de responsabilités, car il faudra faire le budget 2012", a relevé Didier Reynders.
"Ce que nous avons vécu hier sur les marchés européens montre que nous devrons venir au parlement avec quelques réformes importantes, comme celles des retraites et du chômage", a-t-il estimé.
Plaidant pour la constitution d'un gouvernement au programme limité, il a jugé que rien n'empêchait en parallèle de reprendre une discussion institutionnelle, en changeant de méthode.
"Quand j'entends que l'on parle d'élections, mettre non seulement le gouvernement mais aussi le parlement belge entre parenthèses pendant des mois, dans la période troublée que nous vivons, je n'en vois pas très bien l'avantage", a-t-il ajouté.