"Agir, malgré le refus de la N-VA"

Le Commissaire européen au Commerce (photo principale), le Belge Karel De Gucht (Open VLD), estime que le refus des nationalistes flamands d’entreprendre des négociations, en vue d’une réforme d’Etat et de la formation d’une nouvelle coalition fédérale, sur base de la note du formateur Elio Di Rupo n’est pas une excuse pour les autres partis politiques pour ne pas tenter de former un gouvernement. Selon De Gucht, le CD&V doit faire preuve de plus de courage.

Près d’une semaine se sera écoulée lorsque le président des socialistes francophones, Elio Di Rupo, se rendra à nouveau chez le Roi Albert II, ce mercredi ou ce jeudi. Vendredi dernier, Di Rupo avait été reçu en audience pour le souverain belge, auquel il avait fait part des réponses apportées à sa note par les neuf partis politiques susceptibles de former un nouveau gouvernement fédéral. Seule la N-VA avait refusé de négocier sur base des propositions du formateur, qui avait d’ailleurs demandé au Roi d’être déchargé de sa mission.

Quant aux démocrates-chrétiens du CD&V, ils affirmaient ces derniers jours vouloir s’asseoir à la table des négociations seulement si la N-VA y prenait aussi place et à condition que le formateur réécrive sa note en tenant compte des critiques formulées.

Ce mardi, le président du CD&V déclarait une nouvelle fois que des négociations n’avaient pas de sens sans la N-VA. Le Commissaire européen au Commerce, le libéral flamand Karel De Gucht, estime cependant que le refus de la N-VA de négocier sur une nouvelle coalition ne doit pas paralyser le monde politique belge. Il rejoint en ceci le président de l’Open VLD, Alexander De Croo, qui avait suggéré il y a quelques jours de reprendre des négociations avec les seuls partis qui sont effectivement prêts à discuter sur base de la note Di Rupo.

Interrogé ce mercredi matin dans l’émission « De Ochtend » de la première chaîne radio de la VRT, le Commissaire européen Karel De Gucht a estimé que la N-VA ne souhaite pas faire partie du prochain gouvernement fédéral. « C’est en contradiction totale avec la logique électorale de Bart De Wever (photo). Il souhaite en effet vider trois partis : le CD&V, l’Open VLD et le Vlaams Belang. S’il entrait dans un gouvernement, il perdrait beaucoup de nouveaux électeurs. Il choisit de récolter des voix, pas de gouverner ».

"Ne pas baisser pavillon"

Et Karel De Gucht de poursuivre : « Si la N-VA ne veut pas faire partie d’un gouvernement fédéral, c’est son droit. Mais cela ne peut pas paralyser le pays, qui a grand besoin d’un gouvernement. Il n’y a aucune raison pour ne rien faire, simplement parce que la N-VA ne veut pas faire partie d’un gouvernement. Celui qui ne fait rien et ne négocie pas, baisse son pavillon politique. Je sais que ce seront des négociations très difficiles, mais actuellement on n’a plus négocié depuis septembre 2010. Il n’y a pas de table de négociation », constate De Gucht.

L’ancien ministre des Affaires Etrangères souligne aussi l’attitude du CD&V démocrate-chrétien. « Ce parti n’a pas fait de choix. Mais je pense que le CD&V doit prendre ses responsabilités et faire preuve de davantage de courage. A terme, les électeurs récompenseront le parti pour son courage », concluait le Commissaire européen.