Wouter Beke a les cartes en mains

Les présidents des sept partis qui appuient la note d'Elio Di Rupo comme base de négociation espèrent que le CD&V par la voix de Wouter Beke les rejoignent dans leur volonté d'entamer enfin la négociation sur base d'une note amendable portée par huit partis, ce qui leur permettrait de réunir une majorité des deux tiers et une majorité simple dans chaque groupe linguistique.

Après le non ferme de la NV-A et le ‘non, si la NV-A ne suit pas’, Elio Di Rupo a remis sa démission au Roi la semaine dernière. Mais le souverain a décidé de réserver sa réponse pour donner la chance aux différents partis de réfléchir.

Depuis, le CD&V a laissé entrevoir une petite ouverture, mais une ouverture quand même. Le ministre-président flamand Kris Peeters a déclaré que le non pouvait changer si le formateur réécrivait sa note. Ensuite Wouter Beke a fait savoir qu’un certain nombre de compensations pour la scission de BHV étaient inacceptables pour son parti.

Hier, le formateur Elio Di Rupo a rencontré les sept partis qui souhaitent poursuivre les discussions, à savoir son propre parti le PS, la SP.A, l’Open VLD, Groen !, le CDH, le MR et Ecolo. Ensemble, ils pèsent à la Chambre pour 92 sièges sur 150. Une confortable majorité fédérale. Mais aucune majorité côté flamand et aucune majorité des deux tiers pourtant nécessaire pour mener à bien une grande réforme de l’Etat.

Aujourd’hui, les sept partis espèrent pouvoir peut-être ramener le CD&V à la table des négociations. Si tel n’est pas le cas, la mission d’Elio Di Rupo n’aura définitivement plus lieu d’être.

Evacuer une série de propositions

Ce matin, la plupart des présidents de parti ont préféré éviter les journalistes qui les attendaient à l'entrée officielle de la présidence. Seuls le formateur démissionnaire Elio Di Rupo et le président d'Ecolo Jean-Michel Javaux sont passés par le 10 rue de la Loi, mais ils n'ont pas fait de commentaire à leur arrivée.

Arguant de ce que son président avait obtenu un accord sur le chapitre bruxellois et BHV lorsqu'il était médiateur, le CD&V souhaite qu'une série de propositions formulées dans sa note par le formateur Elio Di Rupo soient évacuées, telles que la circonscription fédérale, la possibilité de listes bilingues à Bruxelles, l'adaptation de la législation linguistique à Bruxelles et la ratification de la Convention-cadre sur le respect des minorités.

Huit partis sont donc réunis aujourd’hui autour du formateur. La N-VA qui a refusé de but en blanc la note du formateur n'est plus invitée.

La réunion de vendredi devrait durer une partie de la journée. Les présidents de parti déjeuneront ensemble.