Le CD&V prêt à négocier !

Le formateur Elio Di Rupo a formulé mercredi matin une série de questions au CD&V, précisant qu'il attendait la réponse du parti pour demain jeudi à 13 heures. Le CD&V n'a pas attendu l'épuisement du délai et a répondu dès mercredi soir qu'il était d'accord de négocier sur BHV sur la base des 9 propositions du formateur.

A condition que les quatre points de la note qu'il considère inacceptables soient "encommissionnés" - c’est-à-dire renvoyés aux calendes grecques selon le président - et que le formateur puisse donner la garantie qu'il réunira une majorité des deux tiers. Le CD&V veut clairement un accord sur BHV avant de s'engager dans toute autre discussion.

« Le formateur a jeté du lest »

A l'issue d’une rencontre qui a réuni mercredi les principaux chefs de file du CD&V, Wouter Beke a dit prendre acte du fait que le formateur ait choisi de rencontrer "dans une grande mesure" le contenu des neuf propositions qu'il avait déposées à propos de BHV lorsqu'il était négociateur royal et que les quatre points qu'il avait jugés inacceptables (assouplissement de la législation linguistique à Bruxelles, possibilité de listes bilingues en Région bruxelloise, circonscription fédérale, ratification de la Convention-cadre sur les minorités) soient boutés "hors des négociations". Le formateur a "jeté du lest", a fait observer Wouter Beke.

Ce dernier dit également avoir compris de l'appel d'Elio Di Rupo que les négociations sur BHV seraient entamées avant qu'il y ait des négociations pour la formation du gouvernement.

Dans son appel lancé mercredi en début d'après-midi, Elio Di Rupo a demandé au CD&V s'il était d'accord que les négociations soient entamées sur la question de BHV sur base des textes juridiques déposés par le formateur alors que "parallèlement" les négociations s'engageraient sur l'assainissement budgétaire ainsi que sur la révision de la loi spéciale de financement et plus particulièrement sur les modalités d'autonomie fiscale.

Le formateur Elio Di Rupo a également demandé au CD&V s'il accepte que les questions spécifiques et techniques de "l'emploi des langues à Bruxelles" et des "listes bilingues" soient examinées au sein d'un "groupe de travail", que la question de la "circonscription électorale fédérale" soit examinée par une "commission parlementaire spécifique" et que la question de la "ratification de la Convention cadre sur la protection des minorités nationales" soit à nouveau soumise au "Groupe de Travail de la Conférence interministérielle de la Politique étrangère".

Wouter Beke a aussi rappelé que le gouvernement était tombé en avril 2010 sur BHV. Le CD&V est donc d'avis qu'il faut d'abord régler cette problématique. "C'est le premier point à discuter et si un accord est possible sur ce sujet un point important aura été réglé et il sera possible de négocier rapidement la formation d'un gouvernement".

Le président du CD&V part du principe que les sept autres partis doivent également s'engager sur les cinq principes du formateur "sinon les questions qui nous ont été posées sont fictives", a-t-il conclu.

Réactions flamandes

Les partis flamands étaient les seuls à réagir mercredi soir après la prise de position du CD&V. Les présidents du sp.a et de l'Open Vld Caroline Gennez et Alexander De Croo se sont montrés positifs sur nos antennes. Le président du CD&V Wouter Beke a quant à lui précisé sa pensée. Pour lui, l'encommissionnement des quatre sujets litigieux revient à les renvoyer "aux calendes grecques".

Pour Caroline Gennez il s'agit d'une avancée. Et de rappeler que le FDF - qui pourrait ne pas être d'accord - ne représente que 3 sièges à la Chambre. Alexander De Croo a quant à lui souligné qu'il était important que "le formateur et le président du CD&V ont fait un pas l'un vers l'autre". Pour lui, il faut maintenant voir si les autres partis sont prêts à en faire de même. L'Open Vld est en tout cas disposé à commencer à négocier à ces conditions.
Groen! a également fait savoir qu'il acceptait les cinq conditions du formateur.

Une divergence d’interprétation

Il semble cependant qu'il y ait déjà une divergence d'interprétation. Wouter Beke dit en effet qu'il accepte ce qu'Elio Di Rupo lui propose à savoir discuter d'abord de BHV. Mais, dans son communiqué, le formateur dit qu'on négocierait "parallèlement" sur l'assainissement budgétaire ainsi que sur la révision de la loi spéciale de financement et plus particulièrement sur les modalités d'autonomie fiscale.

La N-VA très déçue

La N-VA s'est dite mercredi "très déçue du revirement ultime du CD&V" après la décision des chrétiens-démocrates de négocier sur BHV si les autres partis veulent maintenir le "lest" des négociations. "Un an de lutte pour finalement céder", peut-on lire dans un communiqué signé par le président Bart De Wever. "Une admonestation du palais et un ultimatum du PS pour la fête nationale ont finalement suffi pour que le CD&V se mette définitivement à plat ventre", souligne encore le communiqué. "Car malgré tous les mensonges qui ont été formulés à ce sujet, ils n'ont rien entre les mains. A aucune de leurs exigences, des concessions fondamentales n'ont été faites par les francophones", martèle Bart De Wever.

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