La Belgique dans le collimateur de Breivik

Le manifeste de 1.500 pages rédigé par Anders Behring Breivik (photo principale), le principal suspect du double attentat commis vendredi à Oslo, est analysé en détail par les services anti-terroristes belges. C’est ce que confirme André Vandoren, directeur de l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace (OCAM). La Belgique est en effet citée plusieurs fois dans l’écrit rempli de diatribes islamophobes et antimarxistes.

Dans les 1.500 pages de son manifeste intitulé « Une déclaration européenne d’indépendance - 2083 » (la photo ci-dessous montre des symboles utilisés par l’auteur dans son manifeste), Anders Behring Breivik explique ses motivations politiques et les actes criminels qu’ils préparait depuis plusieurs années.

L'homme de 32 ans qui a revendiqué le double attentat commis vendredi à Oslo et sur l’île d’Utoya et qui a coûté la vie à au moins 93 personnes, dont de nombreux enfants, y parle notamment aussi de plusieurs pays de l’Union européenne. Il mentionne ainsi que la Belgique, la France, les Pays-Bas et la Grande-Bretagne sont des cibles prioritaires pour ses alliés potentiels. Selon Behring Breivik, quelque 10.807 « traitres » vivraient en Belgique.

Le jeune Norvégien se décrit comme un « chevalier de l’ordre des templiers » et parle d’une organisation qui s’intitule « les pauvres soldats du Christ et du temple de Salomon ». Il affirme avoir déjà des disciples dans divers pays européens, et parmi ces derniers il y aurait aussi un Belge.

Les services anti-terroristes belges affirment cependant que l’organisation citée par Breivik n’est pas connue en Belgique.

« Nous avons pris connaissance des citations sur la Belgique contenues dans le manifeste de Breivik », indique André Vandoren, le directeur de l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace (OCAM). « Nos services suivent les développements de l’affaire et les analysent en détail ».

"Des loups solitaires"

Interrogé par le quotidien flamand De Standaard, André Vandoren (photo) indique également que les contacts avec des collègues en niveau international portent actuellement beaucoup sur le phénomène de terroristes qui agissent seuls.

« Nous avons en effet vécu plusieurs attentats commis par des individus isolés ». André Vandoren souligne que des actes de violence commis par des « loups solitaires » sont nettement plus difficiles à éviter. « Mais nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour détecter des criminels potentiels », conclut le directeur de l’OCAM.