Le top manager de Belgacom inculpé

L'administrateur-délégué de Belgacom, Didier Bellens, a été inculpé le 21 juin dernier pour corruption passive par le juge d'instruction montois Alain Blondiaux.

L'enquête concernant Didier Bellens remonte à plusieurs mois, à la suite d'une information du parquet de Mons. Elle a été menée par l'Office central pour la Répression de la Corruption (OCRC).

Didier Bellens, inculpé le 21 juin, a été laissé en liberté. Selon le parquet montois, il est reproché à Didier Bellens d'avoir vendu un bâtiment de Belgacom, situé dans la rue de la Raquette à Mons, à une société immobilière privée. Le bâtiment aurait été vendu à un prix inférieur, ce qui aurait permis à Didier Bellens d'en retirer un avantage personnel.

Deux autres hauts responsables de la direction de Belgacom, Conchetta Fagard et Pierre-Eric Evrard, ont également pris part aux auditions de Didier Bellens. Mais ils n'ont pas été inculpés.

Ce matin, la Loterie Nationale indiquait, par voie de communiqué, qu’aucune transaction immobilière n'a eu lieu entre Belgacom et la Loterie Nationale durant la période où Edmée De Groeve était présidente du conseil d'administration de la Loterie Nationale.

"La Loterie Nationale n'a par ailleurs effectué aucune transaction d'achat ou de vente immobilière avec qui que ce soit au cours des dernières années", peut-on également lire dans le communiqué.

La ministre des Entreprises publiques Inge Vervotte a fait savoir qu’entretemps elle a demandé au Conseil de direction de Belgacom de faire le nécessaire pour limiter l’impact sur Belgacom au minimum.

Un rapport circonstancié

Le ministre des Finances, Didier Reynders, qui exerce la tutelle sur la Loterie Nationale, a demandé jeudi un "rapport circonstancié" avec « une description claire et précise » de toutes les transactions financières et/ou immobilières ayant impliqué, au cours des 10 dernières années, la Loterie Nationale et Didier Bellens et/ou la Loterie Nationale et Belgacom.

Cette demande a été faite « compte tenu du caractère contradictoire des informations parues dans la presse, des suites qui pourraient être réservées à ce dossier au niveau du Parlement et de l'impact potentiellement très négatif sur l'image et l'intérêts de la Loterie Nationale si de tels faits devaient être avérés ».

CV express

Didier Bellens, qui a obtenu un diplôme d'ingénieur de gestion à l'Ecole de Commerce Solvay (ULB), a débuté sa carrière en 1978 en tant qu'auditeur au sein du bureau de consultance Deloitte. Ce Bruxellois francophone a rejoint en 1982 le Groupe Bruxelles Lambert (GBL) où il deviendra directeur financier.

Albert Frère a rejoint cette année- là l'actionnariat de GBL. Une collaboration est alors née entre les deux hommes. Didier Bellens a travaillé aussi bien pour le groupe Pargesa d'Albert Frère en Suisse que chez GBL, où il a notamment suivi les dossiers de BBL et de la Royale Belge. Il est de retour au sein de GBL en 1992 où il exerce la fonction de directeur général jusqu'en 2000.

L'homme a également joué un rôle au sein du Groupe RTL, en tant qu'administrateur délégué, en s'occupant de l'expansion internationale du groupe et de son introduction en bourse.

Didier Bellens rejoint Belgacom en 2003, à l'âge de 47 ans, où il remplace John Goossens, qui vient de décéder, au poste d'administrateur délégué.

Ces dernières années ont été marquées par le départ d'une série de managers au sein de l'entreprise de télécoms. Les raisons de leur départ n'ont pas toujours été claires mais plusieurs médias ont rapporté que Didier Bellens n'admettait pas la discussion. Les deniers licenciements datent du début de cet été quand, aussi bien le directeur de la communication que l'assistante personnelle de Didier Bellens ont quitté l'entreprise.