Grève à la prison de Jamioulx après la triple évasion

Hier, vers 18 heures, trois détenus réputés dangereux se sont évadés de la prison de Jamioulx. Ils ont pris en otage une gardienne de l'établissement qu’ils ont libérée quelques heures plus tard. Le personnel de la prison a refusé de prendre son service ce matin. Les instances syndicales souhaitent faire le point avec les agents pénitentiaires.

La triple évasion de dimanche a eu, dès les premières heures de lundi, des conséquences sur le fonctionnement de la prison de Jamioulx, où le personnel n'a pas entamé son service et s'est rassemblé dès 6 heures 30, à mesure que les agents s'y présentaient. Ils ont décidé de faire le point sur les événements de la veille, l'évasion de trois détenus.

Trois détenus dangereux

Deux d'entre eux sont bien connus et particulièrement dangereux. Il s'agit d'Abdellah Mostefa, condamné en septembre dernier à trente ans de réclusion par la cour d'assises du Hainaut, pour le meurtre du boulanger de Jamioulx, et de Julien Cazetta, en détention préventive pour meurtre. Celui-ci avait, en novembre dernier, abattu à coups de feu un client dans un bar à filles de Gosselies, le 'Victoria'.

Le troisième évadé, Jonathan Inja, est aussi dangereux que les deux autres individus. L'homme, âgé de 22 ans, a été récemment condamné à quinze ans de prison par la Cour d'appel de Mons pour une tentative d'assassinat commise en avril 2009 à Lodelinsart.

Les trois hommes sont toujours activement recherchés.

Il semble se confirmer que les trois détenus se sont séparés peu après leur fuite de la prison. Mostefa aurait fui à moto, tandis qu'un autre fuyard emmenait en otage la gardienne qui avait été contrainte d'ouvrir les portes de la prison. Ils auraient commis un car-jacking, après avoir, dans un premier temps, pris le volant de la voiture d'un membre du personnel de la prison, garée à proximité.

La gardienne a été relâchée hier soir vers 20h30, près de Maubeuge, en France.

Les grands moyens ont été déployés, sans succès jusqu'ici, pour retrouver les fuyards. Outre les zones de police locale, la police fédérale a mis en appui un hélicoptère qui a survolé la région.

Des policiers prennent le relais

Le personnel de la prison de Jamioulx a tenu une assemblée générale, en début de journée, afin de tirer les leçons de l'évasion de dimanche, au cours de laquelle une de leurs collègues a été prise temporairement en otage, et une autre agressée à l'intérieur de la prison.

Ce sont principalement les problèmes de sécurité qui ont été évoqués. Ils vont maintenant être répercutés vers les instances syndicales, avant une rencontre qui doit avoir lieu avec la direction. Cette rencontre n'a cependant pas encore été programmée. Ce n'est qu'ensuite que les agents décideront de la marche à suivre, d'une éventuelle reprise du travail ou de la poursuite de la grève entamée ce lundi.

En raison de cette grève, ce sont des policiers, principalement venus de la zone 'Germinalt' qui a sur son territoire la prison de Jamioulx, qui assurent les tâches de surveillance dans la prison.

Déjà six évasions en 2011

Six évasions, concernant onze détenus, ont déjà eu lieu en 2011 en Belgique, selon la Direction générale des établissements pénitentiaires (DG EPI).

Parmi ces six incidents, quatre ont été accompagnés d'une prise d'otage. La DG "étudie les pistes de solutions possibles pour enrayer le phénomène", précise-t-elle.

Une réunion de crise s'est tenue entre le directeur général des établissements pénitentiaires et les directeurs régionaux. "L'objectif est de faire un état des lieux des incidents qui ont secoué les prisons ces dernières semaines et de dégager des propositions de solutions possibles afin d'y mettre fin de manière structurelle", explique Laurent Sempot du SPF Justice.

L'expérience montre que les évasions avec prise d'otage demande une réaction spécifique, en dehors des infrastructures et des procédures de sécurité habituelles.