La Belgique, un pays à risque

L’organe britannique de surveillance des marchés financiers souhaite que les banques britanniques communiquent sur le nombre d’obligations belges qu’elles détiennent. Un signe qui ne trompe pas : la Belgique est bien considérée comme un pays à risque. L’intérêt sur les bons d’Etat belges est monté à 4,5%.

Le fait que la FSA, l'autorité de régulation des marchés financiers en Grande-Bretagne, ait demandé aux banques britanniques de faire état de leur exposition à la dette belge, indique clairement une hausse de l'inquiétude face à la crise de la dette, y compris en Belgique.

Jeudi, le Lloyds Banking Group a ainsi annoncé que son exposition à la dette belge était de 405 millions de livres, dont 87 millions en bons d'Etat.

"C'est une suggestion de la FSA d'inclure la Belgique dans la liste des pays" dont l'exposition à la dette devrait être connue, a expliqué le directeur financier du groupe, Tim Tookey.

Les autres pays dans la ligne de mire de la FSA sont la Grèce, l’Irlande, le Portugal, l’Italie et l’Espagne. Ils ont été épinglés « sur base de leur haut intérêt obligataire en comparaison avec le reste de l’eurozone et la Grande-Bretagne ».

D’autres inquiétudes économiques se font également sentir. Comme la hausse de l’intérêt du bon d’Etat belge qui est monté à 4,5% et le spread, l'écart entre les taux belges à dix ans et les taux allemands, qui se situe à un niveau historique : 220 points de base, soit 2,2%. Plus grande est la différence, plus faible est la confiance des investisseurs.

Les feux sont à l'orange

La demande de l'autorité britannique de régulation des marchés financiers illustre bien la position actuelle de la Belgique, estime l'économiste en chef d'ING, Peter Vanden Houte. "La Belgique se situe entre les forts et les faibles. La dette belge est élevée, mais la croissance est supérieure à la moyenne européenne et la hausse des taux sur le marché obligataire belge reste modérée. Ceci dit, le danger de contagion pour la Belgique est réel. Les feux ne sont pas encore au rouge, mais à l'orange."