Les marchés européens pousuivent leur dégringolade

Ce matin, les Bourses européennes ont poursuivi leur dégringolade, largement entamée depuis plusieurs jours, dans un contexte de crainte pour l'économie mondiale et de crise de la dette souveraine dans la zone euro. Le BEL 20 accusait une perte de plus de 3,5% à l’ouverture, avec des chutes de 7% en Dexia, qui a fait état jeudi d'une perte trimestrielle record de plus de 4 milliards d'euros. Les investisseurs craignent une récession économique.

Parmi les grandes places européennes, l'indice Dax de Francfort perdait plus de 3,8% peu après 9 heures, tandis que le CAC 40 de Paris cédait près de 2,5%. A Londres, le Footsie perdait plus de 3% après son ouverture. Les Bourses de Milan (-3%) et Madrid (-2,4%) étant également teintées de rouge vif à l'ouverture.

A la Bourse de Bruxelles, le BEL 20 perdait plus de 3,5%, à 2.145 points, avec des chutes de 7% en Dexia, qui a fait état jeudi d'une perte trimestrielle record de plus de 4 milliards d'euros, de 9% en Nyrstar et de plus de 9% pour le holding Ackermans & van Haaren. Parmi les financières, Ageas (-6%) et KBC (-4,4%) ne se portaient guère mieux dans les premiers échanges.

Dégringolade asiatique

Les marchés asiatiques, en avance de quelques heures sur les marchés européens, ont chuté ce vendredi, imitant les Bourses européennes et américaines déprimées la veille par les perspectives inquiétantes de l'économie mondiale et la santé budgétaire vacillante de pays européens.

La Bourse de Tokyo a dévissé en clôture de 3,72%, tombant à des niveaux inconnus depuis les jours qui ont suivi le séisme dévastateur du 11 mars, Séoul finissant en baisse de 3,70%. Peu après 6 heures GMT, Hong Kong perdait 4,81%, Shanghai 1,69% et Bombay 2,65%. La Bourse de Sydney a terminé pour sa part sur un plongeon de 4,00%.

Jeudi noir

Les Bourses mondiales ont subi une dégringolade généralisée jeudi, alors que la Banque centrale européenne tentait en vain d’apaiser les craintes des investisseurs en Europe.

Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, a pourtant frappé fort en annonçant sa décision de procéder à de nouveaux achats sur le marché de la dette. Mais son intervention n'a pas eu l'effet apaisant escompté auprès d'investisseurs hantés par l'envol des taux obligataires espagnols et italiens.

Les grandes places européennes ont toutes lâché plus de 3% en clôture. Paris a perdu 3,90%, sa plus forte chute en deux ans, au terme de sa 9e journée de baisse consécutive, une première depuis 2002. Londres a cédé 3,43% et Francfort 3,40%. A New York, l'indice Dow Jones a lâché 4,31%.

L'euro a creusé ses pertes face au billet vert, passant même brièvement sous le seuil de 1,41 dollar. L'or a enregistré un nouveau record historique à 1.681,72 dollars l'once. Le pétrole a lourdement chuté.

Crainte de récession

Le tumulte européen est venu s'ajouter aux craintes pour l'économie mondiale. Aux Etats-Unis, les signes de ralentissement s'accumulaient depuis les chiffres de la croissance vendredi dernier, et les investisseurs se préparaient à de mauvaises nouvelles supplémentaires à la veille du rapport mensuel sur l'emploi et le chômage américains, toujours très attendu.

Les marchés des pays émergents ont également été touchés par la vague de pessimisme. La Bourse de Sao Paolo a chuté de 5,72%, un recul inédit depuis la crise financière de l'automne 2008. Au Mexique le principal indice a reculé de 3,37% et Buenos Aires a chuté de 6,01%.