Deux emplois créés sur trois sont subsidiés

L'emploi a progressé en Belgique de 270.000 unités entre début 2005 et début 2011, passant de 4.310.000 à 4.580.000 unités (+6,3 pc), avec une évolution importante des emplois hautement subsidiés. C'est ce qui ressort jeudi d'un rapport de l'Institut pour un Développement Durable (IDD).

La croissance de l'emploi concerne aussi bien l'emploi salarié (+6,4 pc) que l'emploi indépendant (+5,5 pc). L'emploi dans l'agriculture et dans l'industrie a continué à reculer alors qu'il a augmenté dans la construction et les services.

Un tiers environ des 270.000 nouveaux postes se situe dans les titres-services. Avec les jobs win-win, plus de 60 pc de la progression de l'emploi concerne donc des postes hautement subsidiés (deux tiers environ du coût total pris en charge par les finances publiques).
Sur base de données de l'ONSS, l'IDD a constaté une croissance six fois plus importante de l'emploi féminin par rapport au masculin, presque un tiers en plus de l'emploi des plus de 50 ans, un quart en plus de l'emploi à temps-partiel et une baisse du nombre de fonctionnaires nommés.

L'emploi subsidié a remis les jeunes au travail dit le cabinet Milquet

Les emplois subsidiés ont permis de suppléer la défaillance du privé pendant les années de crise et de remettre au travail les moins de 25 ans, ce qui paraît essentiel lorsqu'on voit ce qui se passe aujourd'hui à Londres, a indiqué jeudi le cabinet de la ministre fédérale de l'Emploi Joëlle Milquet, cité par le quotidien l'Avenir.

Il répond ainsi au constat formulé par l'administrateur de l'Institut pour un Développement Durable Philippe Defeyt, selon lequel plus de 60% des créations d'emploi réalisées en 5 ans concernent des postes hautement subsidiés.

Au cabinet de la ministre de l'Emploi, on souligne que le chômage des jeunes de moins de 25 ans a diminué de 12% entre 2010 et 2011 grâce à des politiques ciblées et donc subsidiées. "Il suffit de voir ce qui se passe aujourd'hui à Londres pour voir que des jeunes qui ont du travail c'est essentiel. On ne peut pas démontrer la conséquence directe entre des émeutes et une politique d'emploi. Mais il y a un lien indéniable", explique le porte-parole de la ministre.
Il ajoute que l'emploi subsidié induit également des "effets retour": il évite le chômage massif et en partie au moins le travail au noir à travers les titres services en particulier. Tout n'est pas perdu pour l'Etat, puisque de 36 à 57% de l'argent public investi dans les titres-services sont récupérés via les cotisations sociales.