La pluie paralyse les agriculteurs

Le temps très variable de ces derniers mois joue de mauvais tours aux agriculteurs. La pluie incessante des semaines passées provoque ainsi un excès de l’offre en pommes de terre et une baisse du prix au kilo pour le tubercule, alors que les champs restent par ailleurs trop humides pour récolter le grain qui est mûr. La sécheresse du printemps a d’autre part gâché la récolte de certaines plantes.

La météo capricieuse inquiète de plus en plus les agriculteurs belges. Leur blé, notamment, commence à tomber sur les champs, alors que la récolte ne peut se faire que par temps sec. Les pluies de ces dernières heures ne leur permettront donc pas de couper le grain avant quelques jours.

« Le blé commence ainsi déjà à germer sur l’épi », explique Guy Depraetere, agriculteur et secrétaire national du Syndicat général des Agriculteurs (ABS).

La sécheresse du printemps a par contre déjà réduit la récolte du maïs (photo). Ce temps sec suivi par d’abondantes chutes de pluies en été nuisent également à la santé d’autres plantes, dont la récolte sera moins bonne qu’escompté.

D’autre part, les pluies incessantes de ces derniers jours ont provoqué une surabondance de pommes de terre, qui dépasse nettement la demande. A tel point que le prix au kilo du féculent est au plus bas. En juillet, les fermiers obtenaient encore 0,20 cents d’euros pour un kilo de pommes de terre, mais ce prix aurait maintenant diminué de 2 cents.

Selon Guy Depraetere, de nombreux agriculteurs commencent à sombrer dans des problèmes financiers. « Le problème est que les prix faibles peuvent durer encore longtemps ».

Baisse des prix dans les friteries ?

« Nous nous demandons si les vendeurs de frites diminueront proportionnellement le prix de leur paquet de frites », ajoute Depraetere.

Mais selon Bernard Lefèvre, président de l’Union professionnelle des friteries, les exploitants n’auraient pas l’intention de baisser le prix de leurs cornets. Ceux-ci payent leurs fournisseurs de pommes de terre 30 fois plus que 2 cents le kilo, car leurs produits doivent être triés, lavés, pelés, emballés et livrés.

Lefèvre indique que « le prix de revient de la pomme de terre est finalement marginal », parce que les exploitants de friteries ont une série d’autres coûts à assumer.